Déchets nucléaires : Une lutte loin d’être enfouie

Changer ce qui paraît indestructible, telle que l’est l’industrie nucléaire française, c’est l’objectif des militant·es contre le projet Cigéo criminalisé·es par l’État.

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Et si les choses s’étaient passées autrement ? Cette question philosophique a clos le procès des sept opposant·es à Cigéo. Ce projet d’enfouissement des déchets nucléaires grignote les terres et les esprits aux alentours de Bure depuis près de trente ans. Changer ce qui paraît indestructible, telle que l’est l’industrie nucléaire française, c’est finalement l’objectif de ces militant·es aujourd’hui criminalisé·es par l’État.

La fronde populaire fait partie de l’histoire de ce projet de cercueil des déchets nucléaires. Si Bure a été choisi, c’est parce que les villages du Maine-et-Loire et des Deux-Sèvres se sont révoltés à la fin des années 1980, c’est parce que tous pensaient qu’à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne, il n’y aurait pas de désobéissance. Erreur. Agriculteurs et élus locaux viscéralement attachés à leur terre, antinucléaires de la première ou de la dernière heure, écologistes, féministes intersectionnelles ou simplement humain·es défendant le vivant se retrouvent dans ce combat. Des destins singuliers qui coagulent et créent une résistance protéiforme, volontairement « indiscernable ». « Les tactiques et les rôles que nous jouons doivent se transformer au gré des circonstances et des rapports de force. Émeutier un jour, citoyen légaliste qui demande des comptes le lendemain, danseur fou le surlendemain », clame cette résistance depuis 2016.

Pendant le procès, Claude Kaiser, opposant depuis vingt-huit ans, a raconté avec émotion le mépris de l’État envers les citoyens, les « petits élus locaux », la démocratie. Une attitude qui ne peut que créer de la colère. Une constellation de colères puissantes. Et si la répression féroce contre l’opposition à Cigéo ne l’avait pas tuée ? Et si elle lui avait au contraire redonné une énergie renouvelable à l’infini ?


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