En Italie : scrutin municipal, enjeu national

Alors que les Italiens s’apprêtent à voter dans près d’un tiers des communes, cette élection revêt une importance cruciale pour le maintien du gouvernement du néolibéral Mario Draghi.

L’an dernier, Matteo Salvini, ex-ministre de l’Intérieur et dirigeant de la Lega (la Ligue), un parti d’extrême droite devenu national après avoir milité pour l’indépendance de la partie septentrionale du pays, la plus riche et industrialisée, tenait un meeting dans le quartier HLM de Pilastro, à la périphérie de Bologne, coincé entre une autoroute et une voie ferrée. Devant une foule de caméras et de riverains ravis de se muer en délateurs publics, il traverse un environnement dégradé et, guidé par une brave voisine, va sonner à l’interphone d’une famille tunisienne accusée de trafic de stupéfiants…

Une telle réunion eût été impensable quelques années plus tôt dans cette capitale de la très rouge Émilie-Romagne, bastion de la gauche depuis 1945. Haut lieu de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, la région fut en effet le laboratoire d’une administration redistributrice, notamment en matière sanitaire et sociale, particulièrement efficace dans un pays où c’est loin d’être le cas général, surtout au Sud. Les spectateurs français et italiens se souviennent sans doute des films autour de Don Camillo, qui se déroulaient dans cette région, où le curé, interprété par Fernandel, était bien seul face à la population d’un village presque entièrement communiste…

Après des décennies d’hégémonie du PCI, l’Émilie-Romagne demeure largement ancrée à gauche, malgré des reculs importants du Parti démocrate (PD), lointain héritier du PCI. Elle apparaît également comme un laboratoire politique susceptible d’ouvrir la voie aux grandes mutations des équilibres partisans au niveau national.

Un peu moins de 20 % des communes italiennes doivent élire leurs maires et conseils municipaux les 3 et 4 octobre puis, lors d’un éventuel second tour, les 17 et 18 octobre (seule la Calabre est aussi appelée à désigner ses responsables régionaux). Mais ces élections municipales revêtent cette année une importance cruciale, au moins parce que les plus grandes villes sont concernées : Rome, Milan, Bologne, Turin, Naples, Trieste, Salerne…

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