Italie : Grande mobilisation étudiants-lycéens

Ce mouvement massif est né du choc ressenti après la mort d’un jeune homme de 18 ans lors d’un stage en alternance.

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Plus de 100 000 lycéens et étudiants ont envahi les rues, vendredi 4 février, d’une quinzaine de grandes villes de la péninsule contre un projet gouvernemental de développement de l’alternance études/apprentissage, de Rome à Milan, de Naples à Turin. Les lycéens protestaient également contre la réforme de la notation au baccalauréat. Cette mobilisation massive est née du choc ressenti après la mort d’un jeune homme de 18 ans lors d’un stage en alternance, le 21 janvier. Inscrit à l’Institut technique d’Udine, il est mort écrasé sous une poutre d’acier. Dans un pays où les accidents du travail atteignent des niveaux extrêmement élevés en raison du non-respect chronique des règles de sécurité, les jeunes refusent d’aller pointer dans des entreprises qui les mettent en danger, et pour des salaires indigents ! Ceci après de longues périodes de fermeture des facs et des lycées à cause de la pandémie, et comme chez nous (ou plutôt pire) d’absence de soutien financier aux étudiants…

En outre, ce mouvement a été massif à cause des déclarations de la part du ministre de l’Éducation, Patrizio Bianchi, stigmatisant « l’immaturité des jeunes » (sic). D’où la grande banderole ouvrant le cortège à Rome avec l’inscription : « Les immatures, c’est vous ! »

Dans une étude parue dans la presse, sur 2 500 étudiants interrogés, 66 % se disent opposés à ce nouveau système d’alternance travail/études, même si plus de 63 % ont quand même assuré leurs stages – mal ou non payés – durant la pandémie. Le décès de ce jeune étudiant sur son lieu de travail a attisé une colère qui couvait de longue date. Avec en ligne de mire les deux ministres, du Travail et de l’Éducation, tous deux membres du Parti démocrate (principale formation de la coalition multipartite au pouvoir dans le gouvernement Draghi). Car pour la coordination inter-facultés, ce système d’alternance n’est pas une vraie formation mais bien un « apprentissage au travail précaire sous-payé ». Un appel à la mobilisation a été reconduit pour le vendredi 11 février.


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