Dans la dernière ligne droite, Mélenchon engrange les ralliements

Christiane Taubira, des élus écologistes, des membres de Génération.s... Les appels à voter de dernière minute pour le candidat insoumis s'accumulent. Suffisant pour accéder au second tour ?

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La gauche ne partira définitivement pas unie, mais les ralliements de dernière minute s'accumulent en faveur de Jean-Luc Mélenchon, le candidat le mieux placé à gauche dans toutes les études d'opinion. Certes, il n'y a pas de grand chamboulement des lignes politiques actuelles mais ce sont deux petits indicateurs qui nourrissent l'espoir dans le camp du candidat de l’Union populaire.

D'abord, la prise de position de Christiane Taubira, ancienne Garde des Sceaux et vainqueur de la Primaire populaire qui n'a pas réussi à récolter les 500 parrainages nécessaires pour s'aligner au premier tour. Dans un communiqué publié ce jour, elle estime que « l'accession de l'extrême droite au pouvoir est un risque auquel nous ne pouvons nous résoudre » ; elle votera donc pour Jean Luc Mélenchon, le seul candidat de gauche capable de lui « barrer la route ».

Hier, quelques 70 membres de la petite formation de gauche Génération.s, des militants comme des dirigeants, ont appelé à voter pour le candidat insoumis au premier tour le 10 avril. Dans une tribune publiée dans le club de Mediapart, ces membres du mouvement fondé par Benoît Hamon, après sa défaite à la présidentielle de 2017 (6,36 %) et la perte de son siège de député aux législatives, ont appelé à voter pour le « candidat le plus à même de figurer au second tour » afin d'éviter à nouveau « un second tour dépriment et dangereux opposant la droite libérale d'Emmanuel Macron et l'extrême droite de Marine Le Pen ».

Trou de souris

« C'est la seule chance que le thème de l'urgence climatique et écologique soit porté au second tour, pointe Romain Jehanin, membre de la direction de Génération.s et auteur du texte. Et Jean-Luc Mélenchon est le "trou de souris" qui est capable d'y accéder. » « L'extrême droite est aujourd'hui très forte et, si l'on regarde plus loin, il y a le risque qu'après l'échec de la droite républicaine à cette élection, toute la droite se recompose autour d'elle », analyse Roberto Romero, membre de la direction de Génération.s et signataire de cette tribune, qui espère aussi que Mélenchon « saura tendre la main à la gauche qui l'a soutenu, pas comme en 2017 ».

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À la suite de cet appel, les signataires ont reçu un mail de la direction de Génération.s leur signifiant la suspension de leur adhésion pour avoir appelé à voter « pour un autre candidat à l'élection présidentielle que celui qui a été choisi par le mouvement ». Le parti a par ailleurs rappelé qu'il était co-organisateur de la primaire écologiste et, de ce fait, qu'il s'était engagé « à en soutenir le vainqueur », c'est-à-dire Yannick Jadot.

Ce ne sont pas les premiers transfuges à avoir sauté le pas. Ali Rabeh, le maire de Trappes et proche de Génération.s, s'était prononcé publiquement en janvier. Plus récemment, Pascal Cherki, ancien député socialiste de Paris avant d'avoir suivi le mouvement initié par Benoït Hamon en 2017, Stéphane Delpeyrat, maire de Saint-Médard-en-Jalles, en Gironde, ou Bénédicte Monville, élue sous l'étiquette EELV à Melun et investie sur les listes écologistes aux futures législatives, ont également appelé à voter pour le candidat insoumis. Cette dernière souligne que, malgré certaines divergences, Jean-Luc Mélenchon « permettrait de remettre de l'affrontement idéologique entre deux espaces qui sont de plus en plus proches : les fachos ultralibéraux et le néolibéraux autoritaires. »

Roberto Romero l'assure : « Au sein de Génération.s, ceux qui pensent comme moi ne sont pas minoritaires ». « Il y a ceux qui signent cette tribune, mais peut-être que 100 ou 200 membres se questionnent encore sur le fait de sauter le pas », renchérit Romain Jehanin, qui estime que la réflexion se pose dans toute la gauche. En témoigne encore la tribune de soutien signé de quelques 170 étudiants de 40 universités publiée ce jour sur Politis.fr. Après l'appel « Ce sera Mélenchon » signé par 2.000 personnalités dont Annie Ernaux, Blanche Gardin ou Caroline De Haas, l'appel des 800 universitaires publié dans L'Obs, le 2 avril signé notamment par la philosophe Sandra Laugier, le sociologue Bernard Lahire ou l'historienne Aurélia Michel, et la tribune « en faveur du programme économique » porté par Jean-Luc Mélenchon signé par 160 économistes le 1er avril sur Mediapart, ces prises de position sont de bonne augure pour le candidat de l’Union populaire qui croit dur comme fer pouvoir accéder au second tour.


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