L’abstention, « un enjeu citoyen, social et politique »

Alors que le nombre de personnes qui bouderont les urnes à la présidentielle pourrait atteindre des records, le professeur de science politique Jean-Yves Dormagen revient sur les raisons d’une telle démobilisation et sur ses conséquences.

Pauline Gensel  • 6 avril 2022 abonné·es
L’abstention, « un enjeu citoyen, social et politique »
En 2002, 28u2009% des électeurs n’étaient pas allés voter. Ce taux sera-t-il dépassé en 2022u2009?n
© Valentino Belloni / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Près de 30 % d’abstentionnistes lors du premier tour : les enquêtes préélectorales semblent indiquer que l’élection présidentielle de 2022 intéresse moins que les précédentes. L’abstention pourrait dépasser le record enregistré en 2002, quand 28 % des électeurs n’étaient pas allés voter. Pour Jean-Yves Dormagen, spécialiste de la sociologie électorale et de l’abstention, le phénomène constitue un enjeu démocratique majeur, aux ramifications multiples et complexes.

Comment expliquer cet essor de l’abstention ?

Jean-Yves Dormagen : Les raisons en sont nombreuses. Elles tiennent au contexte, d’abord : cette année, la campagne -présidentielle est d’assez faible intensité et moins médiatisée que les précédentes, principalement du fait des événements tragiques qui ont lieu en Ukraine. Or les électeurs ont besoin de cette intensité électorale, qui passe en grande partie par les journaux télévisés, des médias très importants pour toucher les électeurs les moins informés et les moins politisés. À cela s’ajoute la

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Publié dans le dossier
Voter Mélenchon (ou pas)
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

« L’extrême droite reste la principale menace des démocraties »
Entretien 13 juillet 2026 abonné·es

« L’extrême droite reste la principale menace des démocraties »

Marine Le Pen sera bien candidate à l’élection présidentielle de 2027. Et ce malgré sa condamnation en appel, le 7 juillet, pour détournement de fonds publics. Le politologue américain Steven Levitsky analyse son attitude face à la justice en la comparant avec celle d’autres populistes frappés par des affaires judiciaires dans le monde.
Par Juliette Heinzlef
Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos
Récit 10 juillet 2026 abonné·es

Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos

Les militants socialistes décident d’embarquer leur parti dans une primaire réservée aux seuls adhérents du PS et de Place publique. Selon ses détracteurs, le processus est taillé pour Raphaël Glucksmann. Olivier Faure est mis en minorité dans son propre parti.
Par Lucas Sarafian
Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios
Justice 8 juillet 2026

Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios

Si l’attention politique et médiatique s’est resserrée autour de la candidature de la cheffe de file du Rassemblement national pour 2027, l’agenda judiciaire ne doit pas être occulté.
Par Céline Martelet
Marine Le Pen : à peine condamnée, déjà en campagne  
Récit 8 juillet 2026 abonné·es

Marine Le Pen : à peine condamnée, déjà en campagne  

La cheffe de file du Rassemblement national commence sa campagne présidentielle coûte que coûte, après un pourvoi en cassation suite à sa condamnation en appel. La quadruple candidate veut lancer le récit de sa propre résurrection face à un « système » qui voudrait sa peau. Et gomme la naissance d’une ligne libérale portée par Jordan Bardella.
Par William Jean