Sept lycées parisiens menacés de fermeture

Le rectorat entend fermer plusieurs établissements d’ici à septembre 2023. 750 élèves sont concernés. La décision est contestée par parents et syndicats.

Rose-Amélie Bécel  • 26 octobre 2022
Partager :
Sept lycées parisiens menacés de fermeture
© Une manifestation de défense des lycées professionnels, le 18 octobre à Marseille. (Photo : NICOLAS TUCAT / AFP.)

En septembre 2023, 750 élèves parisiens devraient être contraints de changer d’établissement. Le lycée général Georges-Brassens et six lycées professionnels (Armand-Carrel, Suzanne-Valadon, Brassaï, Charles-de-Gaulle et les annexes des lycées Théophile-Gautier et Lucas-de-Nehou) fermeront leurs portes dès la rentrée prochaine si la décision, communiquée par le rectorat mi-octobre, est confirmée le 8 novembre lors d’un conseil interacadémique.

« Ni les personnels des établissements concernés ni les organisations syndicales n’ont été consultés », dénonce l’intersyndicale de la voie professionnelle dans un communiqué. La situation menace également les filières d’enseignement général du lycée Élisa-Lemonnier, qui pourraient être suspendues lorsque l’établissement accueillera les formations « métiers de la relation client » après la fermeture du lycée Suzanne-Valadon.

Raison invoquée par la région Île-de-France pour justifier ces fermetures : la vétusté des bâtiments et la diminution des effectifs de lycéens sur le territoire. Interrogé par Le Parisien, l’adjoint à la maire de Paris en charge de l’éducation, Patrick Bloche, affirme que les locaux, gérés par la mairie jusqu’en 2021, ne sont pas vétustes.

« Plan social qui ne dit pas son nom »

« Au lycée Brassens, parler de vétusté est une vaste blague. Les locaux sont bien mieux que dans beaucoup d’autres établissements », souffle une mère d’élève, enseignante dans un autre lycée parisien. Pour SUD-Éducation Paris, ces fermetures relèvent davantage d’une « volonté de la région de rentabiliser son parc immobilier et d’en profiter pour initier un plan social qui ne dit pas son nom ».

Fin septembre, la Défenseure des droits signalait également que des centaines de jeunes Franciliens étaient sans affectation dans un établissement pour la rentrée, essentiellement dans les filières technologiques et professionnelles. Dans la rue le 18 octobre, les syndicats dénonçaient déjà la dégradation des conditions de l’enseignement professionnel, alors qu’une réforme prévoit l’augmentation des temps de stage au détriment des heures d’enseignement.

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme
Racisme 16 avril 2026 abonné·es

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme

Malgré le consensus biologique, l’extrême droite ravive le racisme des sciences biologiques du 19e siècle qui ont justifié esclavagisme et colonisation. Cette résurgence irrigue le débat public et donne au racisme l’apparat d’un discours académique pour mieux se légitimer.
Par Juliette Heinzlef
« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 
Exclusif 16 avril 2026

« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 

Visé par des dizaines de commentaires le comparant à un « singe » suite à une vidéo de Frontières sur Facebook, Bouna M. a porté plainte contre le site d’extrême droite pour provocation publique à la haine et contre les auteurs des injures.
Par Hugo Boursier
Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  
Analyse 15 avril 2026 abonné·es

Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  

La proposition de loi Yadan, débattue ce jeudi 16 avril, suscite de vives inquiétudes en raison de son caractère jugé liberticide et son contenu flou. Avocats, associations et artistes redoutent un recul de la liberté d’expression. 
Par Kamélia Ouaïssa
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
Entretien 15 avril 2026

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »

La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier