Écologie : « Il faut mettre en œuvre une sobriété systémique »

L’ingénieur Philippe Bihouix souligne les impasses du techno-solutionnisme et appelle à la « démobilité », par le réaménagement du territoire.

Vanina Delmas  • 9 novembre 2022 abonné·es
Écologie : « Il faut mettre en œuvre une sobriété systémique »
© Une ligne de production de la nouvelle usine Tesla, près de Berlin, le 9 octobre 2022. (Photo : Patrick Pleul / dpa / AFP.)(Photo Philippe Bouhix : DR.)

Nous vivons sur une planète aux ressources limitées. Pourtant, les promesses d’innovations miraculeuses pour affronter, voire résoudre, la crise climatique et écologique actuelle foisonnent dans les discours politiques et les projets d’entreprise. Philippe Bihouix, spécialiste des low-tech et de l’épuisement des ressources minières, analyse finement les limites de ces technologies dites « vertes » et expose les contours d’une société obligée d’emprunter le chemin de la sobriété énergétique.

Pourquoi le techno-solutionnisme, aussi appelé techno-optimisme, est-il si présent aujourd’hui dans nos sociétés ?

Philippe Bihouix : Il est effectivement bien ancré, on peut en suivre les racines jusqu’au XVIIe siècle ! Dans La Nouvelle Atlantide, Francis Bacon « prophétise » le bonheur du genre humain par la -science appliquée dans tous les domaines : matériaux, chimie, agriculture, médecine, etc.

On rêve depuis longtemps de jouir de l’abondance matérielle, de faire travailler les machines à notre place, de repousser l’âge de la mort… Au XIXe siècle, le chimiste Marcellin Berthelot promet d’éradiquer la faim dans le monde grâce à la nourriture synthétique ;

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Écologie
Publié dans le dossier
L'humanité dépasse les bornes
Temps de lecture : 9 minutes