Bouffer du curé susciterait-il moins d’appétit ?
Les spiritualités progressent chez les jeunes depuis dix ans. Si les causes sont multiples, c’est la tolérance pour les croyances de leurs camarades qui domine. À rebours de l’anticléricalisme de leurs aîné·es.
dans l’hebdo N° 1788-1791 Acheter ce numéro

Mercredi 22 mars 2023. Le ramadan vient de commencer. Une adolescente de l’Est parisien issue d’un couple mixte, le père d’origine juive tunisienne, la mère d’origine sénégalaise, tous deux travaillant dans le service public et adhérents d’une fédération de parents d’élèves classée à gauche, « fait ramadan ». Elle n’est pourtant pas issue d’une famille croyante, n’a suivi aucune éducation religieuse. Elle et sa sœur vont à l’école publique de ce quartier populaire.
Depuis l’après-guerre, la désaffiliation religieuse de la population française n’a cessé de progresser. Pourtant on note, selon des enquêtes de l’Insee, une augmentation de la proportion de jeunes de 18 à 30 ans déclarant « croire en Dieu » : 49 % en 2023, chiffre stable depuis 2020. Un tel pourcentage n’avait pas été atteint depuis quatre décennies. En somme, si la jeunesse se « désaffilie » – comme le reste de la société –, la part de croyants en son sein progresse légèrement. Et tous sont concernés par ce
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