Renvoi du procès Depardieu : « Porter plainte, c’est une journée sans fin »

Le procès de Gérard Depardieu, accusé d’agressions sexuelles par deux femmes, Amélie, décoratrice et Sarah*, troisième assistante réalisatrice, est finalement reporté aux 24 et 25 mars, l’acteur n’ayant pas pu être présent du fait de son état de santé.

Hugo Boursier  • 28 octobre 2024 abonné·es
Renvoi du procès Depardieu : « Porter plainte, c’est une journée sans fin »
De nombreuses organisations et personnalités étaient présentes pour soutenir les victimes, ce 28 octobre 2024, devant le palais de justice de Paris. Mais aucun homme politique de premier plan...
© Hugo Boursier

Certaines ont fait plusieurs centaines de kilomètres pour être présentes. À commencer par Sarah*, l’une des deux femmes qui accusent Gérard Depardieu d’agression sexuelle lors du tournage de Volets verts, de Jean Becker. Celle qui était troisième assistante réalisatrice au moment des faits, en 2021, vient de Nantes. Elle a rejoint la seconde plaignante, Amélie, décoratrice.

Malgré la douleur devant l’ampleur de ce procès historique, les deux techniciennes devront encore attendre : le président de la 10e chambre correctionnelle a décidé d’un renvoi au 24 et 25 mars. L’acteur, âgé de 75 ans, serait « extrêmement affecté », selon les mots de son avocat, Me Jérémie Assous. Ses médecins lui auraient déconseillé de se rendre à sa comparution. L’avocat avait annoncé l’absence de l’acteur le matin même dans les médias.

Une violence institutionnelle, en plus des violences subies.

B. Sabbah

Cette décision constitue une « violence institutionnelle, en plus des violences subies », avait anticipé Blanche Sabbah, autrice de BD et militante féministe, au cours d’un rassemblement organisé devant le tribunal de grande instance, à Paris, quelques heures avant la décision de renvoi. « Les victimes, elles, sont présentes. Elles sont dans ce chemin de croix que représente le fait de porter plainte contre une personne aussi célèbre », a-t-elle lancé face aux journalistes et au côté de plusieurs dizaines de femmes présentes. « Porter plainte est une journée sans fin »

https://twitter.com/HugoBoursier/status/1850870600480301412

De nombreuses organisations et personnalités étaient présentes pour soutenir les victimes. La Fondation des femmes, Osez le féminisme, le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), Mathilde Caillard alias MC danse pour le climat, les journalistes Victoire Tuaillon et Anna Toumazoff. Mais aussi des femmes politiques, comme les députées insoumises Gabrielle Cathala et Sarah Legrain, ou encore la conseillère écologiste de Paris, Raphaëlle Rémy-Leleu. L’absence d’homme politique de premier plan a été remarquée par plusieurs militantes. « Ils se sentent pas concernés ? C’est ahurissant », soupire l’une d’entre elles.

"Il faut montrer à tous les

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Clara, victime de violences par son ex-mari français, menacée d’expulsion
Enquête 30 juillet 2026 abonné·es

Clara, victime de violences par son ex-mari français, menacée d’expulsion

La Canadienne, arrivée en France en 2020, est visée par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). N’ayant pas reçu le document, ses recours, hors délai, ont été rejetés. Empêchant toute discussion sur le fond, notamment les violences conjugales qu’elle a subies de son ex-époux français.
Par Pauline Migevant
Stérilet masculin : concevoir l’égalité hommes-femme
Récit 23 juillet 2026 abonné·es

Stérilet masculin : concevoir l’égalité hommes-femme

L’andrologue lilloise Julie Prasivoravong, spécialiste de la santé sexuelle et reproductive des hommes, s’est lancée dans la fabrication du premier stérilet masculin de l’histoire. Grâce à sa recherche, qui attise les curiosités, elle entend proposer une solution en faveur d’un meilleur partage de la charge contraceptive.
Par Hugo Forquès
Touristes et personnes exilées : les deux versants des Alpes
Reportage 22 juillet 2026 abonné·es

Touristes et personnes exilées : les deux versants des Alpes

Dans les Hautes-Alpes, à la frontière franco-italienne, coexistent deux mondes qui se croisent peu. Celui des touristes profitant de la montagne et celui des personnes exilées qui empruntent les sentiers dans des conditions dangereuses, aggravées par la militarisation de la frontière.
Par Pauline Migevant et Maxime Sirvins
Marié·es par amitié : la nouvelle désobéissance intime
Enquête 21 juillet 2026 libéré

Marié·es par amitié : la nouvelle désobéissance intime

Les actes politiques se jouent aussi dans la sphère privée, loin des manifestations, des meetings ou des actions coups de poing. Dans une France toujours contaminée par le patriarcat, des ami·es s’unissent pour s’offrir plus de protection et célébrer la force du lien.
Par Céline Martelet