JOP 2024 : « Une inégalité médiatique encore flagrante entre athlètes hommes et femmes »
Entretien avec Mélina Boetti, journaliste et autrice d’une enquête sur la médiatisation des femmes athlètes pendant les Jeux olympiques et paralympiques 2024. Selon elle, il reste du chemin pour sortir de la culture patriarcale, hétéronormée et validiste.

Les Jeux olympiques et paralympiques (JO et JP) de Paris 2024 devaient être les plus paritaires de l’histoire, avec autant de femmes athlètes que d’hommes. Mais la médiatisation a-t-elle été aussi égalitaire ? Mélina Boetti, journaliste et réalisatrice sport, genre et société, a réalisé une étude journalistique sur la médiatisation des femmes durant cette période. L’ancienne footballeuse a ainsi comparé et analysé les journaux du Monde, du Parisien et de l'Équipe. Bilan : il y a encore du boulot.
Pour les JO, sur 21 jours relevés, L'Équipe a réalisé 12 unes avec des hommes, 8 mixtes et une seule avec une femme. Le Monde a quant à lui publié 17 unes durant les JO, mais une seule pendant les JOP, mettant en valeur un homme. Au global, les athlètes hommes, seuls, occupent 60 % des pages sports des Jeux (JO et JP confondus). Une inégalité qui se retrouve également au sein des articles : place dans les pages, paternalisme, infantilisation, validisme, racisme, etc. L’autrice fait l’état des lieux des différents pans du sexisme et d’autres discriminations.
Vous avez réalisé une étude sur la médiatisation des femmes et des minorités athlètes pendant les JO et les JOP, quelle était la démarche ?
Mélina Boetti : L'association Les Dégommeuses m'a sollicité en partenariat avec l'EuroCentralAsian Lesbian Community. Il fallait faire quelque chose qui serve l'intérêt général et qui permette une nouvelle réflexion sur les grilles de lecture qu'on utilise pour analyser le sport. Il y avait une excellente fenêtre d’observation pendant les JO et JP avec une période très resserrée et la présence de tous les sports. De plus, c’était une année où les jeux étaient censés être paritaires. L’enjeu de la médiatisation était énorme.
Le sport peut changer les états d’esprits et, à son échelle, ébranler le patriarcat.
En réalisant l'enquête, on s’est aperçu à quel point il y avait encore du travail, même en presse écrite. Finalement, cette étude est un outil pour les rédactions. Il n’est pas question de faire
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