En Ardèche, la Confédération paysanne espère (enfin) renverser la FNSEA

Alors qu’en 2019, elle a échoué à 224 voix pour remporter la chambre d’agriculture ardéchoise, la Confédération paysanne pense, cette fois, bénéficier de son ancrage local de plus en plus fort pour battre la FNSEA et son « double discours ».

Pierre Jequier-Zalc  • 23 janvier 2025 abonné·es
En Ardèche, la Confédération paysanne espère (enfin) renverser la FNSEA
Un membre de la Confédération paysanne lors du blocage de l'accès à un centre logistique Leclerc, au Luc, le 8 janvier 2025.
© MIGUEL MEDINA / AFP

Mise à jour le 11 février 2025

Selon les premiers résultats des élections professionnelles agricoles pour le collège 1 (chefs d’exploitation et assimilés), la Confédération paysanne a gagné les chambres de l’Ardèche et de la Guyane, et conserve provisoirement la chambre de Mayotte. En Corse, c’est la liste A l’iniziu una terra, soutenue par la Confédération, qui l’emporte.

Première publication le 23 janvier 2025

À l’entrée de Vernoux-en-Vivarais (Ardèche), commune perchée au-dessus de Valence, à l’entrée du parc naturel régional des Monts d’Ardèche, il faut vraiment croire son GPS. Parce que celui-ci indique Vernoux-en-Vivarais alors que le panneau d’entrée de la commune, lui, donne une toute autre indication : Le Cheylard. Une commune qui se trouve, pourtant, à plusieurs dizaines de kilomètres.

En effet, après avoir retourné, dans de très nombreuses campagnes françaises, les panneaux de commune, certains syndicats agricoles – les Jeunes agriculteurs (JA), alliés à la FNSEA, en tête – se sont cette fois amusés à intervertir ces panneaux. Radars tagués, inscriptions « On crève » sur des panneaux routiers, les méfaits sont signés des sigles des syndicats protestataires les plus visibles – JA, FNSEA et la CR (Coordination rurale).

En Ardèche, comme dans de très nombreux territoires, la partie la plus visible de la colère agricole est l’apanage de ces trois syndicats d’exploitants. Pourtant, dans ce département, dont le nord a durement été touché par des inondations en novembre dernier, c’est bien la Confédération paysanne qui espère tirer son épingle du jeu, au cours des élections professionnelles qui se déroulent jusqu’au 31 janvier. Il y a six ans, en 2019, celle-ci avait échoué à 224 voix de la FDSEA, qui règne sur la chambre d’agriculture depuis des décennies.

"Aucune place pour l'opposition"

Pourtant, ces 200 voix et quelques ont une incidence majeure du fait de l’organisation de ces élections (voir par ailleurs). Avec 3 élus seulement – contre 14 pour la FDSEA, la Confédération paysanne et ses idées se sont retrouvées marginalisées au sein de la chambre d’agriculture.

« On a clairement constaté qu’il n’y avait aucune place pour l’opposition, ils nous ont totalement invisibilisés », raconte Aurélien Mourier, élu sortant au sein de la Chambre d’agriculture de l’Ardèche, paysan en élevage de chèvres, de vaches allaitantes et de porcs, et tête de liste pour la Confédération paysanne, « la FDSEA agit comme si elle avait 90% de l’électorat alors que c’est seulement un agriculteur ardéchois sur quatre qui a voté pour eux ».

Au niveau national, la Confédération paysanne a épinglé ce département comme potentiellement gagnable, comme l’Ariège ou la Loire-Atlantique par exemple. Les raisons sont, avant tout, structurelles. Avec une taille moyenne des exploitations (33 hectares) largement plus basse que la moyenne nationale (69 hectares), 75 % de petites et micro-exploitations, et plus de 30 % des exploitations certifiées "Agriculture biologique" (contre 10 % au niveau national), l’agriculture du département correspond assez bien au modèle défendu par le syndicat d’exploitants classés à gauche.

« Au vu de ces caractéristiques, comment un paysan Ardéchois pourrait se sentir représenter par Arnaud Rousseau [président de la FNSEA, N.D.L.R.] qui défend les intérêts des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin
Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir
Loi 12 mai 2026 abonné·es

Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir

Les parlementaires ont voté contre l’article sur lequel reposait « l’assistance médicale à mourir », une version plus restrictive du texte adopté à l’Assemblée nationale. Laquelle sera, dorénavant, seul maître à bord du texte.
Par Hugo Boursier
Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte
Parti pris 11 mai 2026

Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte

Toute la fin de la semaine, le Rassemblement national et les groupuscules d’extrême droite ont donné à voir leur réécriture dangereuse et génocidaire de l’histoire. Dans leurs villes ou dans la rue, leur haine explicite n’a fait que souligner la compromission des autorités.
Par Olivier Doubre
À Paris, la marche néonazie du C9M reste interdite
Extrême droite 8 mai 2026

À Paris, la marche néonazie du C9M reste interdite

Le tribunal administratif a rejeté la levée d’interdiction demandée par les organisateurs du C9M, une marche néofasciste en hommage à un militant mort le 9 mai 1994.
Par Hugo Boursier