Éducation à la sexualité : amputer les budgets, c’est priver les élèves
La présidente de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais, a opéré fin 2024 des coupes sèches dans les subventions, amputant tout soutien au Planning familial, dont l’équilibre financier est déjà précaire.
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© Jean-Francois Fort / Hans Lucas /AFP
"Quand on voit tout le travail qu’il y a déjà à faire avec les jeunes que je rencontre, si je ne les vois plus, où iront-ils poser toutes leurs questions ? Et comment se rendront-ils compte qu’ils subissent des violences ou en font subir ? » Le coup est dur à encaisser. Émilie Deutsch, conseillère conjugale et familiale au Planning familial de Vendée, s’inquiète des répercussions à long terme des décisions prises par la présidente de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais.
Mi-octobre, quelques semaines avant de devenir vice-présidente du parti Horizons, l’élue de droite annonçait en grande pompe « un tour de vis sans précédent » dans le budget de la région, à la surprise de tous les acteurs locaux dont le programme pour 2025 était bien souvent déjà ficelé.
Christelle Morançais faisait du zèle, souhaitant sabrer 100 millions d’euros, soit une amputation de 5 % de son budget, au lieu des 38 millions d’économies réclamées à la région par l’éphémère premier ministre Michel Barnier dans son projet de budget pour 2025. Si l’ambition des 100 millions d’euros d’économie a finalement été repoussée à l’horizon 2028, 82 millions d’euros d’économie, dès 2025, ont bel et bien été entérinés par sa majorité au conseil régional mi-décembre.
Parmi les secteurs touchés : la culture – dont les acteurs ont fait grand bruit au cours de manifestations –, mais aussi le sport, l’environnement ou l’égalité femmes-hommes. Et le Planning familial, association incontournable dans ce dernier domaine, a vu purement et simplement disparaître l’intégralité de la subvention de 66 700 euros que la région accordait à sa fédération régionale et à ses déclinaisons départementales.
C’est sa deuxième source de financement qui disparaît, représentant 23 % du total de son budget. Une volte-face d’autant plus étonnante que la collectivité avait signé quelques mois plus tôt une convention cadre dans laquelle elle renouvelait son soutien à l’association pour au moins quatre ans.
Au moins 2 000 élèves privés d’éducationCes coupes auront donc un impact concret : en 2025, au moins 2 000 élèves n’auront pas accès à une séance d’éducation à la vie affective et sexuelle, que l’association assure au sein de lycées publics, de lycées privés et de Maisons familiales et rurales (MFR). Soit près d’un sixième des élèves auprès desquels interviennent normalement les associations du Planning familial en Pays de la Loire.
« Un chiffre qui pourrait même facilement doubler », prévient Sandrine Mansour, coordinatrice de la fédération régionale. Les lycées publics, dont la gestion revient aux régions, ont en effet eux aussi vu fondre l’enveloppe dédiée à leurs actions éducatives, dans laquelle certains piochent pour financer ce type d’atelier.
Dans l’urgence, on fait l’effort de
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