« Les cahiers de doléances, la plus grande expression libre de notre histoire »

La députée écologiste de la Drôme Marie Pochon défend une proposition de résolution transpartisane visant à rendre publics les cahiers de doléances issus des gilets jaunes. Examiné le mardi 11 février, le texte pourrait, selon elle, être adopté.

Lucas Sarafian  • 10 mars 2025 abonné·es
« Les cahiers de doléances, la plus grande expression libre de notre histoire »
À la mairie de Hede-Bazouges, un cahier de doléances en marge du en marge du « grand débat national » suite au mouvement des gilets jaunes.
© DAMIEN MEYER / AFP

Mise à jour le 12 mars 2025

Mardi 11 mars, les députés ont adopté à l'unanimité cette résolution transpartisane. Patrick Mignola, ministre des Relations avec le Parlement et proche de François Bayrou, a affirmé publiquement que "le gouvernement s'engageait à reprendre l'analyse des cahiers de doléances". Un comité réunissant des parlementaires, des élus locaux et le Conseil économique, social et environnemental, pilotera une phase test.

Première publication le 10 mars 2025

Six ans après la mobilisation des gilets jaunes, pourquoi la publication de ces 19 899 cahiers de doléances issues de ce mouvement est-elle aujourd’hui pertinente ?

Marie Pochon : En 2019, Emmanuel Macron s’était engagé à publier en l’état les cahiers de doléances à l’issue du « grand débat ». Ça n'a jamais été fait. Au regard du niveau de défiance vis-à-vis de la classe politique, il faut tenir ces promesses en politique, et surtout quand on est chef de l’État. De plus, il y a toujours une forte attente citoyenne autour de ces cahiers de doléances. Partout dans le pays, des collectifs de citoyens et de chercheurs se sont formés. Il faut considérer cette parole citoyenne. C’est la plus grande expression libre de notre histoire. L’ignorer serait aggraver encore un peu plus la fracture démocratique en France.

Emmanuel Macron méprise l’expression populaire.

Selon vous, pourquoi Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs n’ont pas pris en compte cette grande expression démocratique ?

Emmanuel Macron méprise l’expression populaire. C’est systématique : il défend une réforme des retraites que personne ne veut, il ne respecte pas les élections du 7 juillet… Pour lui, il n’est pas grave de ne pas écouter ce que disent les Français. Le mouvement des gilets jaunes figure comme une mobilisation sociale majeure dans l’histoire de notre pays, des personnes que la classe politique avait invisibilisées se sont mises en colère, et un mouvement à l’opposé total du modèle de la start-up nation est né. Il n’est pas normal de mettre sous le tapis ces cahiers de doléances et d’oublier ses engagements.

Vous avez consulté ces doléances. Qu’est-ce qui vous a marqué ?

Lors des gilets jaunes, je travaillais sur "L’Affaire du siècle" qui visait à condamner l’État français pour inaction climatique. Nous avions alors

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