Congrès écolo : petites nuances stratégiques entre amis

Omniprésente médiatiquement, Marine Tondelier est certaine d’être réélue. Ses opposants, Karima Delli, Harmonie Lecerf Meunier et Florentin Letissier, tentent d’exister en mettant en avant leurs divergences concernant l’union à gauche et l’organisation interne du parti.

Lucas Sarafian  • 9 avril 2025 abonné·es
Congrès écolo : petites nuances stratégiques entre amis
© Adnan Farzat / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Depuis des années, les écolos tentent d’alerter sur les catastrophes naturelles qui se multiplient partout dans le monde. Éruptions volcaniques, séismes, mégafeux, inondations, ouragans… Mais le congrès des Verts ressemble plutôt à une tempête dans un verre d’eau. « Tout est un peu joué d’avance, non ? », feint de se questionner un cadre du Parti socialiste (PS). En effet, Marine Tondelier n’est pas vraiment inquiétée. La secrétaire nationale du parti depuis 2022 devrait être réélue très confortablement à son poste, à moins d’un coup de théâtre. Même ses concurrents internes ne se font pas d’illusions.

Sur la ligne de départ : « Faire gagner l’écologie », rassemblant les défenseurs d’une écologie dite « de gouvernement » avec Florentin Letissier, adjoint d’Anne Hidalgo à Paris ; les alliés de l’écoféministe Sandrine Rousseau, réunis dans le courant « Radicalement vôtre » derrière Harmonie Lecerf Meunier, adjointe de Pierre Hurmic à Bordeaux ; les unionistes de « l’Union de l’écologie populaire », motion portée par l’ex-eurodéputée Karima Delli ; et, enfin, la masse de partisans du « Collectif » de Marine Tondelier. Côté soutiens, les opposants de l’actuelle patronne des Verts ne font pas vraiment le poids, Marine Tondelier revendiquant 2 500 partisans provenant de toutes les anciennes tendances du congrès de 2022. Dans une telle situation, difficile d’exister.

Mais les opposants ne désarment pas et veulent faire entendre leur ligne. Harmonie Lecerf Meunier, militaire pendant dix ans, plaide pour que les Écologistes renouent avec une ligne anticapitaliste, une « écologie populaire », un discours antiraciste, féministe (ses soutiens représentent les défenseurs d’une ligne « stricte » sur l’affaire Bayou) mais aussi très unitaire. « On a fait l’union, mais on a aussi été les artisans de la désunion au moment des européennes. On ne peut pas faire l’union uniquement quand ça nous arrange », sermonne Harmonie Lecerf Meunier, qui espère que son parti ouvre également une discussion sur l’échec des européennes de 2024.

Mélenchon ne peut pas être une excuse, un bouc émissaire pour éviter de faire l’union.

K. Delli

« Union de l’écologie populaire » est sensiblement sur la même ligne. Parité sociale, écologie ancrée dans tous les territoires, altermondialisme… Le courant ambitionne de réorienter le parti autour d’un discours décroissant ou post-croissant. Mais, surtout, il veut résolument ancrer les Verts dans une ligne 100 % unitaire. Partout et à chaque élection. « On ne veut pas d’une union à géométrie variable. Il faut une union pour résister mais aussi pour gagner, assure Karima Delli, élue au Parlement européen de 2009 à 2024. Mélenchon ne peut pas être une excuse, un bouc émissaire pour éviter de faire l’union. Aujourd’hui, la gauche ne fait pas 30 % dans les sondages. Alors si elle est divisée, c’est la défaite assurée. »

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