Bétharram : la prescription en débat

Les débats autour de l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs reviennent avec la médiatisation de violences passées. Plusieurs poussent pour une proposition de loi transpartisane.

Hugo Boursier  • 30 avril 2025 abonné·es
Bétharram : la prescription en débat
Manifestation devant l'établissement privé Saint-Dominique à Neuilly-sur-Seine le 18 avril 2025, après que d'anciens élèves de l'école catholique ont créé un collectif de victimes suite à l'affaire Notre-Dame-de-Bétharram.
© Thomas SAMSON / AFP

Chaque semaine, la ligne de défense de François Bayrou sur sa méconnaissance des faits de violences sexuelles au cœur de l’établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram s’étiole. Le dernier épisode en date est arrivé mercredi 23 avril, sur le plateau de l’émission « À l’air libre », de Mediapart. Invitée à échanger avec le lanceur d’alerte Alain Esquerre, la fille du premier ministre, Hélène Perlant, qui a dénoncé des faits de violences physiques par un prêtre lors d’un camp d’été dans les Pyrénées, a fragilisé encore plus l’argumentaire du Béarnais.

Hélène Perlant explique se souvenir d’une discussion avec son père, lui rapportant un échange avec le juge Christian Mirande, en 1998. Problème : en mars 2024 au Monde, en février 2025 à Mediapart et le 11 avril dernier, en marge d’un déplacement en Seine-et-Marne, François Bayrou a toujours affirmé n’avoir eu aucun contact avec le juge Mirande – par ailleurs son voisin de l’époque –, avant d’évoquer récemment un échange imprévu et court.

Acculé, le premier ministre devra répondre, le 14 mai, aux questions des membres de la commission d’enquête, et en particulier à celles du député insoumis du Val-d’Oise Paul Vannier, et de sa collègue Ensemble pour la République, élue dans le Nord, Violette Spillebout.

Barrière juridique

Mais, derrière le scandale politique touchant précisément la responsabilité de François Bayrou, d’autres questions se posent, et notamment celle de l’imprescriptibilité des crimes sexuels contre les mineurs. Ce 28 avril, le collectif Mouv’Enfants, piloté par l’ancien membre de la Civiise Arnaud Gallais, était reçu par des conseillers d’Emmanuel Macron. Enjeu de la réunion : pousser pour une proposition de loi transpartisane afin de supprimer le délai de prescription, aujourd’hui fixé à 30 ans dans le cadre du pénal à compter de la majorité de la victime.

C’était déjà l’une des 82 préconisations de la Civiise dans son rapport

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