Darmanin, ministre hyperactif cherche voix pour l’Élysée

Le garde des Sceaux et poids lourd de la Macronie depuis 2017 a droitisé la politique d’Emmanuel Macron depuis sept ans. Gérald Darmanin compte désormais avoir un rôle pour la prochaine présidentielle.

Lucas Sarafian  • 7 mai 2025 abonné·es
Darmanin, ministre hyperactif cherche voix pour l’Élysée
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Se taire et attendre que le vent tourne ? Jamais. Retour au 21 septembre 2024. Pour la première fois depuis 2017, Gérald Darmanin, 42 ans, n’est pas ministre. Michel Barnier choisit de nommer Bruno Retailleau à l’Intérieur, reconduit Sébastien Lecornu aux Armées, rappelle Laurent Saint-Martin au Budget. Mais le député du Nord et ancien grand espoir de la droite n’est pas appelé. Le début du grand vertige ? Pas vraiment.

Huit jours après l’annonce de ce gouvernement, Darmanin donne rendez-vous à la droite et à la Macronie pour sa rentrée politique dans son fief de Tourcoing (Nord). Devant Agnès Pannier-Runacher, Sébastien Lecornu, Élisabeth Borne, Maud Bregeon, Édouard Philippe et Gabriel Attal, il annonce le lancement de son club de réflexion, baptisé « Populaires ». Le Nordiste est un homme qui n’a pas de mal à se relever rapidement.

Pourtant, il vient de tomber de haut. Le capital politique de l’ex-ministre des Comptes publics est touché. Après la dissolution ratée d’Emmanuel Macron, il songe à construire un groupe de droite à l’Assemblée en absorbant les députés Horizons et quelques élus Les Républicains (LR). Échec. Il rêve de s’imposer à la tête du groupe macroniste. Échec. Il fait campagne en coulisses pour être nommé aux Affaires étrangères. Échec.

Gérald Darmanin perd son ministère de l’Intérieur, poste pour lequel il avait candidaté directement auprès d’Emmanuel Macron après la démission de Gérard Collomb en septembre 2018. Il y avait été finalement nommé en juillet 2020 grâce à l’appui capital de Richard Ferrand, alors que le président de la République et Jean Castex s’étaient accordés sur le nom de Jean-Michel Blanquer (1).

À l’Assemblée, député comme les autres, il se sent libre comme l’air. Il s’oppose à Michel Barnier qui propose d’augmenter les impôts sur les sociétés. Ses plus proches, les députés Mathieu Lefèvre et Charles Rodwell, ainsi que toute l’aile droite du groupe macroniste font pression à coups de déclarations et de tribunes.

En effet, Gérald Darmanin n’est pas un homme seul. Maud Bregeon, Karl Olive, Olivia Grégoire… Sa première ligne est présente sur les plateaux télé. Le Nordiste sait construire son réseau. Le 8 juillet 2024, lendemain du second tour des législatives, il réunit, lors d’un déjeuner révélé par L’Opinion, une trentaine d’invités. Parmi eux, Maud Bregeon, Mathieu Lefèvre, Violette Spillebout, Florent Boudié, Ludovic Mendes, Charles Rodwell, Caroline Yadan, Benjamin Haddad, Olivia Grégoire ou Christophe Marion.

Droit du sol, port du voile…

Peu à peu, Darmanin s’émancipe. Il n’attend pas, par exemple, la ligne officielle de Renaissance pour commenter les réquisitions du procès des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN) : il juge « choquant » que Marine Le Pen puisse être déclarée inéligible. Que Darmanin prenne la défense de la cheffe de file du RN n’a rien d’illogique au regard de son CV.

Entré en politique auprès de Christian Vanneste, figure de l’UMP et militant d’un rapprochement entre la droite et l’extrême droite, il signe quelques articles

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Politique
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