Prisons : à droite, la surenchère répressive
Laurent Wauquiez, Gérald Darmanin et Gabriel Attal rivalisent d’idées toujours plus extrêmes pour tenter de capter un électorat radicalisé. Florilège.
dans l’hebdo N° 1861 Acheter ce numéro

© Xavier Malafosse / Wikipédia CC BY-SA 1.0
Laurent Wauquiez a proposé le 8 avril dans le JDNews, le supplément magazine du Journal du dimanche, que « les étrangers dangereux sous OQTF (obligation de quitter le territoire français, N.D.L.R.) soient enfermés dans un centre de rétention à Saint-Pierre-et-Miquelon, hors de l’Hexagone ». Le retour du bagne ? L’idée rappelle le « Guantanamo à la française » défendu par Éric Ciotti en 2021. « C’est complètement lunaire, à des années-lumière des considérations des droits humains, balaie le député insoumis Ugo Bernalicis. Combien d’argent cela représente ? Que fait-on quand la personne gagne son recours ? Qu’en pensent les personnes qui habitent à Saint-Pierre-et-Miquelon ? Même le RN ne propose pas cela. Cette idée est symptomatique de cette macronie qui ouvre toutes les vannes vers l’extrême droite. »
Dire que les détenus ne paient rien est faux.
2. Faire payer les détenusGérald Darmanin souhaite instaurer une participation financière et journalière aux frais d’incarcération, selon une lettre ouverte rendue publique le 28 avril qu’a envoyée le ministre aux agents de l’administration pénitentiaire. Un tel dispositif existait jusqu’en 2003 : ceux qui avaient l’occasion de travailler en prison devaient s’acquitter d’une contribution financière. « C’est de la démagogie, réagit un conseiller parlementaire de gauche. Le ministre feint d’ignorer que de nombreux dispositifs payants existent déjà, comme l’accès à un téléphone ou des services de cantine. Et, souvent, les prix sont exorbitants. Dire que les détenus ne paient rien est faux. Et c’est ne pas considérer que 20 % de la population carcérale est indigente. » « Cette proposition aura pour conséquence de surendetter
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Pédopsychiatrie : à Nantes, huit lits pour se remettre debout
Santé mentale des jeunes : la lente perdition
« Nous sommes là pour repérer des signes de mal-être, de décrochage »