« Je sens la colère, pas l’espoir » : la gauche rêve d’être la solution de « Bloquons tout »
Face aux colères très nombreuses qui se sont exprimées dans la rue ce 10 septembre, la gauche tente de se fondre dans cette rage nationale mais peine à incarner un débouché politique.

© Maxime Sirvins
Tout terrain. Quand le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, se rend dans la matinée au marché de Rungis (Val-de-Marne) pour défendre, de façon extrêmement démagogique, cette « France du courage », la gauche choisit un autre camp, la France du blocage. L’ex-insoumise Clémentine Autain s’est rendue à l’hôpital de Tenon, dans le 20e arrondissement de Paris, pour soutenir les grévistes. La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, est allée soutenir les salariés d’ArcelorMittal à Dunkerque. Aux aurores, le coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a soutenu la cinquantaine de personnes qui tentaient de bloquer la sortie du centre RATP de la rue Belliard, dans le 18e arrondissement de Paris.
Et tout le monde a chaussé ses baskets. Ce matin, le député insoumis Abdelkader Lahmar s’est rendu à deux points de blocage à Vaulx-en-Velin (Rhône), sur un rond-point et devant l’école de l’aménagement durable des territoires (ENTPE). « Dans les quartiers, c’est difficile de mobiliser. Perdre une journée de travail, c’est compliqué. Mais j’ai senti, et beaucoup plus qu’avant, une certaine forme de solidarité à ce mouvement », explique-t-il.
Les gilets jaunes, ce n’était pas qu’une seule journée.
A. LahmarL’insoumis rêve déjà d’un acte II : « Quand on se mettait en grève avant, c’étaient des grèves illimités. Et ensuite, petit à petit, la protestation est devenue plus ponctuelle. Ça ne suffit pas. Si on descend dans la rue un jour pour protester et que demain on retourne au travail, on ne va peut-être pas atteindre les objectifs attendus. Les gilets jaunes, ce n’était pas qu’une seule journée. » La chimère de la grève illimitée, d’une révolte massive et dans la durée ?
Resserrer l'étau autour du présidentJean-Luc Mélenchon et les siens jouent gros. La date du 10 septembre est cochée depuis de longues semaines dans leurs agendas. Ceux qui ne croient qu’à la destitution d’Emmanuel Macron misent sur la réussite de cette mobilisation pour resserrer l’étau autour du président de la République. Et la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, proche parmi les proches du chef de l’État, ne fait que conforter leur stratégie. Les insoumis comptent d’ailleurs déposer une toute nouvelle motion de destitution qui sera signée, cette fois, par beaucoup plus de députés de gauche. Des grappes de députés communistes et écologistes se sont ralliés désormais au
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Clémentine Autain : « Nous devons avoir le discours d’une gauche décomplexée »
Sur X, les députés RN font comme si le procès n’existait pas
Procès FN-RN en appel : Marine Le Pen coule et embarque les coaccusés avec elle