« Les associations permettent des espaces démocratiques alternatifs aux élections »
Samedi 11 octobre, le Mouvement associatif appelle à une mobilisation nationale nommée « Ça ne tient plus ! » Inédite, elle souligne la situation critique du monde associatif, entre manque de financements, atteinte à la liberté d’association et la marchandisation du modèle.

Chargé de recherche à l'Observatoire des libertés associatives et chercheur associé au Ceraps (Université de Lille), Antonio Delfini travaille sur le rôle démocratique des associations. Alors qu'une grande mobilisation nationale, nommée « Ça ne tient plus ! » est prévue samedi 11 octobre, il tire la sonnette d’alarme face aux dérives de l’État dans un ouvrage co-écrit avec Julien Talpin, L’État contre les associations.Anatomie d’un tournant autoritaire.
Est-il commun pour les associations de se mobiliser de cette manière ?
Antonio Delfini : Il y a près de 300 rassemblements déjà prévus. Le Mouvement associatif a assez peu l'habitude de faire des mobilisations dans la rue de cette manière-là. Cela montre l'urgence dans laquelle on se trouve aujourd'hui.
Quels sont les marqueurs qui rendent inédite cette mobilisation des associations ?
Il y a plusieurs dynamiques qui viennent toucher de plein front le monde associatif : une baisse des financements publics, qui est la base de l’appel « Ça ne tient plus ! », une logique de marchandisation des associations avec des appels à projets et de la commande publique, et enfin les atteintes aux libertés associatives.
Les baisses des financements atteignent directement les Français.
Le principal objet de la mobilisation est la crainte du financement. Comment cela se traduit de manière concrète pour les associations ?
Il y a une étude assez importante sur la question par le Conseil économique social et environnemental (Cese), que le Mouvement associatif a repris au propre auprès de ses membres. Elle montre que les associations ont des trésoreries de plus en plus restreintes : 31 % disposent d’une trésorerie inférieure à trois mois et 28 % déclarent que la situation a un impact direct sur leurs activités.
Quelles sont les répercussions pour les publics concernés ?
Cela veut dire moins de familles accompagnées dans leurs problématiques de logement. Moins de personnes hébergées dans des structures pour des personnes sans-abri. Moins d’activités sportives, culturelles et dans tous les secteurs. Les associations sont partout dans la vie quotidienne. C'est 20 millions de bénévoles et 1,8 millions de salariés. C’est considérable.
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