Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité

Au moment de l’invasion russe en Ukraine, nombre de familles ont trouvé accueil et protection chez le voisin polonais. Quatre ans après, la situation a changé. Les aides sociales ont été supprimées, les violences sont en hausse, les discours xénophobes et la haine en ligne progressent.

Maël Galisson  • 13 mai 2026 abonné·es
Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité
Une affiche en ukrainien propose des jobs
© Maël Galisson

« En 2022, le mouvement de solidarité avec les Ukrainiens était vraiment touchant, raconte Vera Popova, attablée à la terrasse d’un café dans le centre de Varsovie, mais j’ai vu les choses changer progressivement depuis. » Quatre ans après l’invasion russe de l’Ukraine et l’importante mobilisation des Polonais pour accueillir leurs voisins fuyant la guerre, l’hospitalité polonaise montrerait-elle ses limites ? C’est ce que l’Ukrainienne de 36 ans constate.

En février dernier, le président Karol Nawrocki a abrogé la loi spéciale qui régissait l’aide aux réfugiés ukrainiens en Pologne. « Cette décision a eu des conséquences concrètes sur la vie des gens, de nombreuses familles sont touchées », regrette Vera Popova, qui travaille dans le secteur artistique et culturel. « Ma tante, âgée de 59 ans, a de lourds problèmes de santé et n’a pas la capacité de travailler, ajoute-t-elle. Elle ne bénéficie plus d’une assurance maladie depuis l’abrogation de cette loi. »

Originaire du Donbass, Vera Popova vit en Pologne depuis quinze ans. Lorsque la Russie envahit son pays en février 2022, ses proches, déjà déplacés internes en raison des combats dans l’est de l’Ukraine depuis 2014, fuient pour se réfugier chez le voisin polonais. « Ma mère est arrivée en Pologne quelques mois après l’invasion, précise-t-elle. Mon père l’a suivie six mois plus tard, puis ma tante. »

La loi spéciale, adoptée par les autorités polonaises en mars 2022, octroie alors aux parents et à la tante de Vera Popova, à leur arrivée, le statut de réfugiés, en leur délivrant une protection temporaire. Ils bénéficient également d’une série de droits sociaux et d’une assurance maladie. Mais, quatre années plus tard, l’abrogation de ce texte, entrée en vigueur le 5 mars, chamboule le quotidien de nombreux Ukrainiens vivant en Pologne. La règle est simple : ceux qui ne cotisent pas à la sécurité sociale n’auront plus droit à une quelconque assurance santé. L’accueil des plus démunis dans des centres d’hébergement répartis sur l’ensemble du territoire polonais est également remis en question.

Vera

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