« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.

Juliette Heinzlef  et  Maxime Sirvins  • 4 mai 2026 abonné·es
« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
À Montreuil, le 26 avril 2026.
© Maxime Sirvins

Que représente cette rencontre pour vous aujourd’hui  ?

Anzoumane Sissoko : Elle est très importante. Nous avons été impressionnés par les mobilisations aux États-Unis qui ont rassemblé des millions de personnes. Ce sont parfois d’autres pays qui nous donnent des leçons, notamment l’Espagne, qui régularise de nombreuses personnes sans papiers, alors qu’en France on n’arrive pas à renouveler les titres de personnes déjà en situation régulière. Nous avons toujours à apprendre d’autres mouvements.

Janette Zahia Corcelius : Cette rencontre représente la construction d’un pont, une manière de créer des liens de solidarité pour le présent et pour l’avenir, à la fois pour la France et pour les États-Unis. Ma mère est marocaine. Mon peuple a été colonisé par la France, et je pense que les peuples colonisés dans le monde doivent se rassembler.

Les politiques anti-immigration et l’extrême droite progressent à l’échelle internationale. Comment

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Réfugiés afghans : « Je veux la liberté, vivre comme un être humain normal »
Enquête 30 avril 2026 abonné·es

Réfugiés afghans : « Je veux la liberté, vivre comme un être humain normal »

Journalistes, personnes LGBTQ+, femmes, enfants : des Afghan·es menacé·es par les talibans témoignent de leur abandon par la France.
Par Ana Pich
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet
La bande de Gaza engloutie par les déchets
Reportage 23 avril 2026 abonné·es

La bande de Gaza engloutie par les déchets

Depuis deux ans et demi, les résidus alimentaires et médicaux de l’enclave palestinienne ne sont plus traités ni collectés. Une autre urgence sanitaire pour une population déjà asphyxiée par le quotidien d’une guerre sans limite.
Par Shima Elnakhala et Céline Martelet
Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »
Entretien 22 avril 2026 abonné·es

Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »

La militante féministe et libertaire turque, sociologue à l’université de Nice, raconte sa découverte de la question kurde en Turquie, lutte qui a été pour elle une école d’émancipation individuelle et collective. Et qui lui vaudra incarcération et tortures, avant l’exil en France. Dans son livre Lever la tête, elle témoigne des persécutions subies.
Par Olivier Doubre