L’A69, « l’autoroute des mensonges », définitivement validée par le Conseil d’État

© Maxime Sirvins
Le Conseil d’Etat a entériné, le 29 juin, le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres. Les pourvois en cassation des opposants au chantier, ont été rejetés. Cette décision met fin à une lutte juridique acharnée entre le concessionnaire Atosca et les opposants au projet, dont Politis a largement relayé le combat depuis des années.
« Le Conseil d’État juge que la cour [administrative d’appel de Toulouse] n’a pas fait d’erreur en estimant que le projet répond bien à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) au regard des différents objectifs poursuivis (gain de temps, amélioration du cadre de vie, développement économique, sécurité routière). Les autorisations environnementales du projet autoroutier de l’A69 sont désormais définitives » indique la juridiction sur son site.
En décembre 2025, la cour administrative de Toulouse avait en effet finalement rétabli – cassant la précédente décision du tribunal administratif de Toulouse d’annuler l’arrêté préfectoral –, les autorisations environnementales du projet et autorisé la reprise des travaux par Atosca, lesquels n’avaient jamais réellement cessé, au mépris du droit. Le recours devant le Conseil d’État ayant échoué, le projet ira donc désormais à son terme, pour le plus grand bonheur du laboratoire Pierre Fabre et pour le malheur des opposants comme La Voie est libre, lesquels entendent néanmoins saisir la justice européenne.
« Il demeure encore la possibilité de saisir la Commission européenne d’une plainte contre l’État français, dans l’espoir que cette commission saisisse la Cour de justice de l’Union européenne d’un recours en manquement contre l’État » indique à Franceinfo Alice Terrasse, avocate du collectif. Elle ajoute que « le Conseil d’État a commis une erreur manifeste d’appréciation de cette notion » de raison impérative d’intérêt public majeur, « qui, jusqu’à présent, était un des derniers remparts contre les grands projets d’infrastructures très destructeurs de la biodiversité ». Après deux épisodes de canicule en mai et juin (et en attendant les prochains, déjà annoncés), la décision du Conseil d’État est un coup de poignard porté aux luttes environnementales contre les grands projets inutiles. Un de plus.
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