« Dans toute communication, il y a l’attente de reconnaissance »

Héritier de l’École de Francfort, le philosophe Axel Honneth travaille
à l’élaboration d’une « nouvelle théorie critique » pour notre temps. Deux de ses ouvrages viennent enfin d’être traduits en français.

Olivier Doubre  • 15 mars 2007 abonné·es

L'un des principaux apports de votre travail est le concept de reconnaissance préexistant à tout rapport entre deux êtres. Qu'entendez-vous exactement par ce terme ?

Axel Honneth : J'ai commencé à penser le concept de reconnaissance dans le sillage du travail d'Habermas. Je pars de l'idée que, dans toute forme de communication entre deux personnes, il y a toujours l'attente réciproque et préalable d'être reconnu par l'autre. En termes de théorie sociale, je considère que nous devrions comprendre la société capitaliste moderne comme intégrant les trois grands principes de la reconnaissance qui gouvernent nos existences : l'amour , qui exprime la reconnaissance dans la sphère privée ; le droit , c'est-à-dire la reconnaissance des autres en tant que sujets détenteurs de droit ; enfin, le principe de l'estime sociale, qui implique de respecter et d'estimer les autres du fait de leur contribution par leurs actes à la vie de la société. Mais je pense aussi que

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