État d’urgence

Pour marquer une nouvelle étape dans la lutte contre la pauvreté et décider de politiques publiques, les associations d’accueil et de réinsertion organisent la première conférence de consensus sur les sans-abri.

Ingrid Merckx  • 22 novembre 2007 abonné·es

Un « consensus » sur les sans-abri. Le terme détonne. Même quand il s'agit d'organiser, sous le pilotage de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), la première conférence de consensus sur les sans-abri, les 29 et 30 novembre à Paris ^2. En France, 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit 12 % de la population. Et 3 millions de gens sont mal-logés. Deux SDF sont morts de froid depuis le 9 novembre, et les 300 familles qui campent rue de la Banque à Paris entament leur huitième semaine de trottoir. Le 17 octobre, le président de la République et son haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs, se sont engagés à réduire la pauvreté d'un tiers en cinq ans. Le temps de la mandature de Nicolas Sarkozy, qui a déclaré : « Il faut donner plus à ceux qui ont moins. »

Dans nos sociétés modernes, qui sélectionnent les plus performants, ces belles intentions seront-elles suivies d'effet ? Et avec quels moyens ? Les associations de lutte contre l'exclusion sont plutôt dubitatives. Le 15 octobre, douze de leurs présidents reçus à l'Élysée ­ dont ceux de la Fnars, d'ATD Quart Monde, du Secours catholique, d'Emmaüs et du Samu social ­ ont refusé de signer le

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Société
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