Pauvre révolution !

Benjamin Dessus, président de l’association Global chance, a lu le livre d’Anne Lauvergeon sur la « révolution énergétique ». Il y a relevé nombre d’erreurs et d’approximations convergeant vers une promotion du nucléaire.

Benjamin Dessus  • 4 décembre 2008 abonné·es

Quelle chance ! se dit-on en ouvrant le livre d’Anne Lauvergeon intitulé l a Troisième Révolution énergétique [^2]. Enfin une personne vraiment compétente, et même ­neutre : on nous l’annonce diplômée de l’École normale supérieure et membre du fameux corps des Mines, avec la rigueur et le civisme d’une éducation qu’elle nous décrit dès l’avant-propos. Ô combien nécessaire pour nous expliquer les enjeux énergétiques mondiaux et démêler le vrai du faux dans les discours d’idéologues patentés de tous bords !

Surnommée « Atomic Anne », Mme Lauvergeon est PDG d’Areva, producteur de combustible nucléaire. Laban-Mattei/AFP

Inégalités Nord-Sud insupportables pour l’accès à l’énergie (surtout à l’électricité…), doublement des besoins mondiaux en énergie « prévu » pour 2050, nécessité de réduire de façon drastique les émissions de gaz à effet de serre, etc., l’ampleur des défis est exposée. Mais, très vite, nous ­sommes pris d’un doute. Pourquoi ne parler que de production d’énergie et, rapidement, d’électricité ? Pas un mot des énergies finales, qui nous intéressent pourtant au plus haut point – celles qui arrivent aux bornes de nos maisons, usines, commerces, espaces publics, au réservoir de nos voitures, etc. Et cette bourde sur la nécessité de diviser partout les émissions de gaz à effet de serre par quatre en 2050, alors

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