Penser un nouvel humanisme
À l’occasion de cette rentrée politique, le philosophe Vincent Cespedes donne son sentiment sur la crise actuelle de
la gauche et les possibilités pour la dépasser.
dans l’hebdo N° 1066 Acheter ce numéro
Politis : On ne cesse de dire que la gauche traverse une crise profonde. Pourquoi ? Comment l’appréhendez-vous ?
Vincent Cespedes : La crise de la gauche, selon moi, se caractérise essentiellement par son incapacité chronique à dire la société de demain. Or les gens, aujourd’hui, souhaitent d’abord que ceux qui s’adressent à eux puissent leur raconter le monde de demain. Certes, celui-ci est extraordinairement complexe, d’une complexité sans doute jamais atteinte auparavant. Mais la gauche doit néanmoins être capable de se projeter dans l’avenir. Et cela passe d’abord par une réflexion approfondie sur un vrai projet de société. Un travail qu’elle ne fait pas. Elle se contente d’une logique