Bouffée délirante

Dominique Dhombres  • 15 mars 2012 abonné·es

Il était une fois un professeur de philosophie qui détestait la démocratie libérale, la religion et la morale. Il souhaitait dynamiter ou brûler, c’était selon les jours et l’humeur, la Bourse ou les urnes. C’était par ailleurs le plus doux et le plus aimable des hommes. Il s’appelait Louis Althusser. Il enseignait alors à l’École normale supérieure. Je suis tombé immédiatement sous le charme de ce grand mélancolique qui parlait avec beaucoup de douceur, comme Lucky Luke, dont il avait le look, y compris le mégot éteint à la commissure des lèvres. J’étais alors chrétien, vous vous rendez compte, et même mystique, mais plus vraiment catholique. Cela mérite une explication.

Mon père était protestant, descendant de ­paysans cévenols dont l’un, devenu prédicateur, avait été le dernier pasteur envoyé aux galères sous Louis XV. Ma mère était catholique et bretonne. Elle se signait ostensiblement quand le pape prononçait sa bénédiction urbi et orbi à la télé, qui

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