Le Gard, c’est compliqué

Dominique Dhombres  • 6 septembre 2012 abonné·es

C’était écrit noir sur blanc dans un journal du soir. Le Gard était le département de France qui avait le plus voté pour le Front national. Ce devait être une coquille. Un gag. On aime bien chambrer dans le Midi. Le correspondant local avait voulu se payer la tête du siège et avait lancé cette cagade, à tout hasard, pour vérifier s’il y avait quelqu’un, à Paris, qui relisait sa copie. C’était déjà arrivé, dans le passé. Des trucs bizarres avaient été publiés. Le siège avait parfois la tête ailleurs. Mais toujours, inflexiblement, le siège avait rectifié, honteux, révélant même le nom du farceur ou de la farceuse, et la sanction encourue. Ce journal du soir, pour lequel j’ai longtemps travaillé, n’est pas réputé pour sa drôlerie. Il est volontiers hautain, donneur de leçons, désagréable même, et il adore ça. Mais farceur, ça, jamais. Le plaisir aristocratique de déplaire, oui ! La galéjade, non ! C’était donc vrai. Le Gard avait voté massivement pour le Front national au second tour des législatives. Pire. La deuxième

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Digression
Temps de lecture : 6 minutes