Drogues : ouvrir des salles de conso ?

Plusieurs villes en France se sont déclarées volontaires pour l’ouverture de lieux de consommation de drogues à moindre risque. Laurence Cohen y voit une démarche de santé publique, tandis que Samia Ghali craint que cette initiative ne soit un préalable à la légalisation.

Olivier Doubre  • 20 décembre 2012 abonné·es

En tant qu’élue nationale, je considère qu’il est important et nécessaire d’ouvrir des salles de consommation à moindre risque (SCMR). Le sujet, finalement, ne fait pas polémique outre mesure dans le monde politique puisqu’on voit des collectivités locales dirigées par des élus de toutes sensibilités, de droite comme de gauche, qui se sont déclarées volontaires pour ouvrir de telles salles. En effet, celles-ci offrent d’abord la possibilité de renouer le contact avec des publics en danger, et coupés de tout lien avec les structures sanitaires, d’aide et d’accueil. Ces publics se mettent en danger dans le sens où ils consomment des drogues dans des conditions ­d’hygiène déplorables, ce qui entraîne de graves problèmes de santé pour eux-mêmes, mais aussi pour l’ensemble de la population, notamment en termes de contamination par les hépatites et le sida.

Implanter ces salles de consommation, c’est aussi permettre de réapprendre le « vivre-ensemble » dans un certain nombre de quartiers. Cela peut paraître paradoxal, mais c’est pourtant ce que montre l’ensemble des études sur l’impact de ces salles dans les pays où elles ont été installées, en premier lieu chez certains de nos voisins européens, comme la Suisse, l’Espagne ou les Pays-Bas. Ce type de structures favorise en effet la paix sociale de quartiers où des usagers consommaient auparavant des drogues illicites, en particulier par

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Clivages
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Le revenu sans conditions est-il possible ?
Clivages 11 novembre 2015 abonné·es

Le revenu sans conditions est-il possible ?

Tous deux économistes de gauche, Jean-Marie Harribey et Baptiste Mylondo s’opposent sur la question du revenu d’existence, auquel le premier préfère la réduction du temps de travail et la redistribution.
Par Thierry Brun
Sortir de l’UE ou désobéir aux traités ?
Élections européennes 22 juillet 2015 abonné·es

Sortir de l’UE ou désobéir aux traités ?

À quelles conditions un gouvernement de gauche pourrait-il appliquer son programme dans l’Europe actuelle ? Quelle stratégie devrait-il adopter face à l’UE ? Ce débat, tranché par le PG à son congrès, est ravivé par l’expérience gouvernementale de Syriza.
Par Raoul Marc Jennar et Guillaume Etievant
Faut-il réformer le collège ?
Éducation 13 mai 2015 abonné·es

Faut-il réformer le collège ?

Pour Danièle Sallenave, assurer le socle des fondamentaux jusqu’à la 4e est le seul moyen d’éviter la reproduction sociale. Philippe Meirieu, lui, approuve l’accompagnement personnalisé, les enseignements pratiques interdisciplinaires et l’effort pour plus de justice scolaire, contenus dans le projet de réforme de Najat Vallaud-Belkacem.
Par Ingrid Merckx
Pour de nouvelles alliances de classes ?
Clivages 5 juin 2014 abonné·es

Pour de nouvelles alliances de classes ?

Après le désaveu électoral infligé à la gauche, un débat s’est ouvert au sein d’Attac autour de deux questions. Quelle stratégie pour sortir de la crise et rouvrir les voies du progrès social ? Quelles forces sociales pour porter un tel mouvement ?
Par Olivier Doubre