L’utopie de la bidouille collective

Le sociologue Michel Lallement enquête sur la manière dont les hackers expérimentent de nouvelles manières de travailler.

Olivier Doubre  • 26 février 2015 abonné·es
L’utopie de la bidouille collective

En mai 2012, à San Mateo, dans le sud de la baie de San Francisco, en Californie, se tient la septième Maker Faire, organisée par le magazine Make. Son intitulé renvoie à la fois à la foire ( fair en anglais) et au verbe français « faire ». C’est l’une des principales rencontres du mouvement Faire, qui regroupe une vaste série de pratiques et de personnes créant des lieux collectifs aux noms anglo-saxons : hackerspaces, biohackerspaces, Fab Lab, Tech Shop, makerspaces, creative spaces … Le vocable « faire » permet de ne pas le limiter au hacking (littéralement « bidouiller »), trop souvent associé au seul domaine informatique et confondu avec l’activité des crackers, ces « forbans » aux activités illicites qui pénètrent ou détruisent les systèmes informatiques. En ce printemps 2012, le visiteur de la Maker Faire peut remarquer sur le parking bondé un camion de la

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Temps de lecture : 4 minutes

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