Alternatiba : Un contre-la-montre festif et engagé

Parti début juin de Bayonne, l’AlterTour de France de l’association Alternatiba arrivera le 26 septembre à Paris et espère marquer les consciences. Chaque étape est l’occasion d’échanges avec le tissu associatif local, comme ici à Besançon.

Erwan Manac'h  • 22 juillet 2015 abonné·es
Alternatiba : Un contre-la-montre festif et engagé
© Photo : THAÜST/citizenside/AFP

C’est dans les fesses que les 2 300 kilomètres se font le plus durement sentir. Sur une triplette (vélo à 3 places), le moindre mouvement des équipiers pèse sur les bras du cycliste de tête. « Alors on essaye de ne pas bouger. Ça fait mal au cul », rit Txetx Etcheverry, aîné de la joyeuse bande de militants de Bizi, association écologiste bayonnaise à l’origine d’Alternatiba. Un an et demi après le premier forum, le mouvement du même nom – qui compte aujourd’hui 129 équipes locales – a réuni 68 000 euros de dons et s’est jeté sur l’asphalte brûlant, le 5 juin, pour 112 jours et 5 000 km d’un défi « enthousiaste ». « C’est le tour de France des alternatives au réchauffement climatique », hurle une sono montée sur un triporteur de 150 kg. Joan, son conducteur, se plie en deux à chaque coup de pédale, mais garde un sourire généreux.

Alternatiba a essaimé dans tout le pays à une vitesse déconcertante grâce à la fraîcheur de son discours et à l’originalité de ses actions. « Après le succès du premier forum, à Bayonne, on pensait qu’il s’agissait d’une mobilisation propre au Pays basque, mais depuis il y a eu des Alternatiba avec autant de monde à Nantes (lire Politis nº 1293, 6 mars), à Lille et dans beaucoup d’autres villes », raconte Barth, qui a quitté le NPA pour Bizi lorsqu’il s’est installé à Bayonne pour le travail.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans
Reportage 25 juin 2026 abonné·es

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans

Dans l’archipel indonésien, des travailleurs extraient l’étain dans des conditions extrêmement dangereuses. Indispensable à la fabrication des smartphones et des ordinateurs, le précieux métal s’arrache au prix de vies humaines et d’un désastre écologique.
Par Pierre Terraz et Paul Boyer
« Une improvisation la plus totale » : à Tours, la jeunesse face à l’impréparation climatique
Reportage 22 juin 2026

« Une improvisation la plus totale » : à Tours, la jeunesse face à l’impréparation climatique

Face à la multiplication et l’allongement de ces pics de chaleur, le retard pris dans l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes est criant. Pour les plus jeunes, pourtant vulnérables, la vie est ralentie mais ne peut pas s’arrêter.
Par Martin Eteve
Magali Reghezza-Zitt : « L’inaction climatique revient à faire du tri entre les individus »
Entretien 22 juin 2026 abonné·es

Magali Reghezza-Zitt : « L’inaction climatique revient à faire du tri entre les individus »

La géographe montre dans son livre Bienvenue en 2055 qu’un monde neutre en carbone n’est pas une utopie et serait bénéfique à notre vie quotidienne. Toujours en s’appuyant sur des faits scientifiques et en pointant subtilement les défaillances des politiques publiques.
Par Vanina Delmas
« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »
Luttes environnementales 29 mai 2026

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »

La militante écologiste Lucie Pinson, fondatrice de l’ONG Reclaim Finance et Prix Goldman pour l’environnement en 2020, lutte auprès des milieux financiers pour les forcer à abandonner les investissements polluants. Pour elle, « il n’y a pas de fatalité, on décide aujourd’hui du monde de demain ».
Par Martin Eteve