Parti socialiste : la stratégie du chaos

À l’approche des régionales, la fragmentation de la gauche inquiète les responsables socialistes. Mais en niant la responsabilité de la politique du gouvernement, ils ne font que l’accentuer.

Michel Soudais  • 2 septembre 2015 abonné·es
Parti socialiste : la stratégie du chaos
© Photo : LEOTY/AFP

L’ambiance ne porte pas à la fête. Mais elle est moins explosive que l’an dernier, quand trois ministres venaient de démissionner et que le PS préparait son congrès. Et cela suffit à satisfaire Jean-Christophe Cambadélis, qui dresse ce constat à l’ouverture de l’université d’été de La Rochelle : « La France va mieux économiquement sans aller tout à fait bien. Mais elle ne s’en aperçoit pas parce qu’elle va mal politiquement. » Le patron du PS pointe la droitisation de la droite, et surtout la « fragmentation de la gauche ». Une fragmentation qui « existe dans toutes les formations », mais qui atteint, ce 28 août, « des aspects paroxysmiques » avec la crise des écologistes.

Ce constat n’est pas discutable. Au petit matin, Jean-Vincent Placé, le président du groupe écolo au Sénat, a annoncé sur Europe 1 qu’il quittait EELV pour cause de « dérive gauchiste ». Son homologue à l’Assemblée nationale, François de Rugy, député de Loire-Atlantique, l’avait précédé de 24 heures. Ce dernier assure vouloir « structurer, fédérer une force authentiquement écologiste », concurrente d’EELV, avec Génération écologie et le Front démocrate. « L’éparpillement » menace la gauche anti-austérité, s’alarme aussi Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, dont la formation tient son université d’été en Savoie. À trois mois des régionales, les formations du Front de gauche n’ont en effet pas de stratégie commune. Au sein même du PS, le congrès de Poitiers, s’il a donné une majorité nette en faveur du virage libéral conduit par le gouvernement, n’a

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Politique
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