Oui, nous pouvons

TRIBUNE. La démocratie espagnole est un exemple pour Joseph Boussion, co-animateur de [la Vague Citoyenne], qui appelle à s’organiser pour entrer à notre tour «dans le terrier du renard» en 2017

Joseph Boussion  • 22 décembre 2015
Partager :
Oui, nous pouvons
© Photo: Partisans de Podemos, le 20 décembre à Madrid, lors de la soirée électorale qui a vu le jeune mouvement faire presque jeu égal avec le vieux PSOE (AFP PHOTO/ PEDRO ARMESTRE).

Quelle campagne fabuleuse, quel enthousiasme chez tous ces espagnols qui votaient avec le sourire, avec entrain et ce, peu importe le parti qu’ils choisissaient.
Malgré les charges nombreuses du vieux monde contre ces citoyens qui après tant d’année d’usure ce sont mis en marche, le bipartisme n’est plus.
La démocratie espagnole est bien vivante. Et en France me direz-vous ?

En France, le pouvoir se crispe et renonce à notre pacte républicain, à notre contrat social. Il prolonge l’état d’urgence et impose l’obéissance civile.
En France, les institutions sont toujours verrouillées par les mêmes caciques qui, sous couvert de consacrer leur vie pour les français n’assouvissent que leur propre volonté de puissance.
En France, les médias mainstream se focalisent sur la montée du Front National quand, dans le même temps, 60% des français se réfugient dans l’abstention.
En France, 70% des 18-34 ans et des classes populaires ne votent plus.
En France, Bernard Tapie, 72 ans, revient sur le devant de la scène politique et rejoint celles et ceux qui ne l’avaient pas quittée.

Dans ce contexte, ne pas aller voter, c’est aussi une façon de dire qu’on ne se sent pas représenté. Comment garder confiance lorsque la politique est incarnée par des individus qui cumulent fonctions et indemnités au fil des années, qui privilégient les multinationales, les banques, les lobbies, les 1 % les plus riches, au détriment de l’intérêt général, et de la préservation de la planète ? Comment se sentir représenté lorsque les décisions sont prises sans aucune consultation, délibération, participation des citoyens, quand les élus ne respectent pas leurs engagements?

Mais en France, en dessous des radars médiatiques, nous sentons le pouls d’un début de ré-appropriation du sens révolutionnaire qui a animé notre histoire.
En France, nous sentons bien cet esprit de résistance qui par le passé, a sorti notre pays de ses heures les plus sombres.
Oui, depuis 2005 et le «non» majoritaire au traité constitutionnel européen, de nombreux mouvements associatifs, politiques, se sont créés pour remplir de sens commun notre devise LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE.

Nous sommes des milliers à travers le pays à ne plus rien attendre des élites et agir nous-mêmes. Il est temps de comprendre que depuis 10 ans, nous avons fait de grands pas en nous indignant et en agissant, mais cela ne suffit pas, cela ne suffit plus.

Nous devons désormais nous organiser.
A l’occasion des élections présidentielles et législatives de 2017, nous devons entrer dans le terrier du renard. Il faut que chaque organisation, association, mouvement, qui a emmagasiné toute la vapeur de l’indignation sociale, la mette dans une chaudière commune.
Nous appelons à la coopération de toutes nos forces afin de proposer une alternative solide et rapide au PS, à l’UMP/LR, au FN. Il ne s’agit ni de construire une nouvelle superstructure politique, ni de créer un cartel d’organisations mais bien de faire de la politique, un commun.

Nous pouvons agir grâce à des collectifs citoyens qui, partout, à différentes échelles, feront émerger une dynamique majoritaire, quartier après quartier, village après village.
Tous ensemble, avec la même volonté d’avancer vers plus de démocratie, d’écologie, de solidarité, reprenons la parole.
Dès janvier 2016, coopérons entre nous, organisations, associations, processus de primaire citoyenne etc.. et réapproprions-nous le politique pour poser la première pierre visible de notre destin commun.

Publié dans
Tribunes

Des contributions pour alimenter le débat, au sein de la gauche ou plus largement, et pour donner de l’écho à des mobilisations. Ces textes ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction.

Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Samedi 21 février, l’extrême droite marche dans les rues de Lyon, et nous continuerons à résister »
Tribune 20 février 2026

« Samedi 21 février, l’extrême droite marche dans les rues de Lyon, et nous continuerons à résister »

Khadidja Lahlali, militante féministe et antiraciste, et Sylvine Bouffaron, militante pour la justice sociale et climatique, appellent à faire bloc contre l’extrême droite et ses alliés institutionnels, alors que la marche pour Quentin Deranque a été maintenue par le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez.
Par Collectif
Affaire Deranque : interdire le savoir, le piège de l’ordre public contre les libertés fondamentales
Tribune 19 février 2026

Affaire Deranque : interdire le savoir, le piège de l’ordre public contre les libertés fondamentales

Après la mort du militant d’extrême droite tué à Lyon, une inquiétante dérive se fait jour : au nom de l’ordre public, l’État semble prêt à restreindre toujours davantage la liberté d’expression et de réunion, regrette l’ancien vice-président étudiant de Sciences Po Lyon.
Par Gustave Bernard
Némésis : la dissolution nécessaire que personne ne mentionne
Tribune 17 février 2026

Némésis : la dissolution nécessaire que personne ne mentionne

Après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, la chroniqueuse Marie Coquille-Chambel pointe la responsabilité du collectif fémonationaliste dans les violences commises par l’extrême droite et appelle à sa dissolution, dénonçant son rôle présumé dans l’organisation et la médiatisation d’affrontements politiques.
Par Marie Coquille-Chambel
Logement : l’urgence de rompre avec dix ans de macronisme
Logement 12 février 2026

Logement : l’urgence de rompre avec dix ans de macronisme

Des milliers d’enfants à la rue, des personnes âgées contraintes de choisir entre se chauffer et se nourrir, 24 000 expulsions prononcées en 2025. Le bilan de dix années de Macronisme atteste d’une urgence : celle de changer de paradigme social.
Par Eddie Jacquemart