L’ONU annonce des millions de morts pour cause de pollutions

Dans un rapport publié le 23 mai, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement estime le nombre annuel des décès pour cause de pollutions à 12,6 millions et appelle les pays à une action plus efficace

Claude-Marie Vadrot  • 23 mai 2016
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L’ONU annonce des millions de morts pour cause de pollutions
© Photo: Xiaolu Chu / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images/AFP

Le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) portant sur l’année 2012 entraînera sans aucun doute moins de commentaires que la préparation sécuritaire de l’Euro de football. Pourtant il affirme qu’au cours de l’année auquel il fait référence, plus de 12 millions de personnes dans le monde sont mortes à cause de la dégradation de leur environnement. Qu’il s’agisse des effets des pollutions de l’air ou de l’eau, des produits chimiques épandus dans la nature, des micros déchets de plastiques de plus en plus nombreux ou des maladies engendrées par la prolifération de certains insectes.

Les enfants premières victimes

Plus d’un quart des morts d’enfants de moins cinq ans est provoqué par les altérations artificielles de l’environnement explique également ce rapport adopté, après bien des discussions et des précautions, à l’assemblée générale du PNUE qui vient de se tenir à Nairobi, siège cet organisme des Nations Unies créé en 1974. Dans le commentaire accompagnant la publication de cette étude scientifique publiée le 23 mai, le Directeur Achim Steiner explique :

En dégradant les infrastructures de notre planète et en accroissant notre empreinte polluante, nous augmentons les coûts humains de nos activités et compromettons le bien-être des êtres humains. En multipliant les expositions aux produits chimiques, qu’il s’agisse des hommes et des ressources naturelles, nous avons compromis tous nos supports d’existence.

Le rapport explique que le nombre des décès lié à la dégradation de l’environnement est particulièrement élevé dans l’Asie du sud-est et dans la zone occidentale du Pacifique. Tout comme dans la zone sud du Sahel africain. Les pays de la Méditerranée orientale et les pays européens sont également touchés par les effets, à terme mortel, des nombreuses pollutions.

La pollution de l’air première cause de mortalité

Les seules pollutions de l’air ont entrainé, en 2012, la mort prématurée de 7 millions de personnes, qu’il s’agisse de la pollution extérieure ou des pollutions intérieures d’habitations. Ces dernières sont essentiellement provoquées par les aérosols ménagers, les premières victimes étant les femmes et des enfants. S’y ajoutent, toujours pour l’année de référence de l’étude, 107.000 morts causés par les résidus d’amiante et 654.000 en raison de la pollution par le plomb ; en dépit de l’élimination progressive de la présence de ce métal dans les carburants.

Le PNUE, pour une réduction de ce lourd bilan qui est en constante augmentation, lance donc un appel aux pays des Nations Unies pour qu’ils prennent rapidement des mesures. Malheureusement, cet organisme n’a qu’un rôle de consultation et de mise en garde, les 195 nations membres de l’ONU refusant depuis des années la création d’une « Organisation Mondiale de l’Environnement » qui pourrait jouer un rôle coercitif de régulation. Un projet proposé il y a quelques années par la France, et qui a sombré dans les oubliettes de l’histoire.

Le rapport au complet, avec des détails effarants, est consultable (en anglais) sur le site du PNUE : http://www.unep.org.

Écologie Monde
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