Comment le FN séduit les plus modestes
Fonctionnaires, ouvriers, jeunes… La tentation du parti d’extrême droite s’accentue chez certaines catégories déclassées, en mal de réponses de la part des organisations traditionnelles.
dans l’hebdo N° 1441 Acheter ce numéro

Pas facile de trouver des agents de la fonction publique encartés ou proches du Front national disposés à témoigner. Ceux de la fonction publique territoriale sont soumis à un devoir de réserve, tout comme les policiers, dont 57 % se disent prêts à voter Marine Le Pen en 2017. Et dans la fonction publique hospitalière « le tabou persiste », selon Frédéric Pierru. Les valeurs du FN, remarque le sociologue, sont contraires à celles du service public et aux valeurs soignantes : « Service de tous et vocation du soin porté à l’autre font que les références du FN, stigmatisant certaines catégories de population, les migrants et les “assistés”, ne sont pas dominantes à l’hôpital. » La pénétration du FN s’est pourtant accélérée depuis 2012 au sein de toutes les sphères de la fonction publique, d’après les enquêtes 2015 et 2016 du Cevipof. La majorité venant de la droite et des fonctionnaires les plus modestes (catégorie C) et les plus exposés aux usagers. Les nouveaux électeurs FN se caractérisent par un « vote sur enjeu », « où les thèmes d’immigration, d’islamophobie, de sentiment de haine éprouvé suite aux attentats jouent un rôle essentiel », écrit ainsi Luc Rouban, du Cevipof.
Les spécialistes du FN continuent à ferrailler sur l’ampleur du « gaucho-lepénisme », expression popularisée par le politologue Pascal Perrineau en 1995 et contredite par la sociologue
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