Avec la nomination d’Édouard Philippe, Macron verse à droite

Michel Soudais  • 15 mai 2017
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Avec la nomination d’Édouard Philippe, Macron verse à droite
© Photo : LOIC VENANCE / AFP

Édouard Philippe, donné « favori » par tous les commentateurs depuis quelques jours, avait bien les faveurs du nouveau prince de l’Élysée. Le député-maire Les Républicains du Havre devient le 23e Premier ministre de la Ve République.

En nommant cet élu de droite, fidèle d’Alain Juppé depuis 2002 et dont il a été porte-parole lors de la primaire, Emmanuel Macron poursuit le dynamitage du système partisan sur lequel reposait notre vie politique depuis près de quarante ans. Après avoir affaibli le PS en obtenant le soutien avoué ou masqué d’un nombre non négligeable de ses élus et ministres, il s’attaque désormais à la droite en s’attachant les services d’un de ses représentants les plus ambitieux qui, à 46 ans, piaffait d’impatience. L’objectif est évidemment de faire exploser Les Républicains et d’attirer l’UDI dont la grande majorité des élus avaient opté pour le maire de Bordeaux.

Cette nomination donne aussi le ton du « progressisme » macronien. Il était, nous disait le candidat Emmanuel Macron, « et de droite et de gauche ». À l’épreuve du pouvoir, il apparaît pencher surtout à droite. Certes ce n’est pas la droite fillonesque supportée par Sens commun, n’empêche… mais celle d’un néolibéralisme sans état d’âme et teinté d’arrogance. L’ambiguïté sur laquelle Emmanuel Macron avait bâti sa campagne est levée. 

Les élus dits « socialistes » (en raison de leur carte du PS) qui avaient rejoint En marche !, notamment ceux qui font partie des 428 premiers candidats investis, y trouveront sûrement leur compte. Leurs discours et leurs actes les rapprochaient déjà depuis longtemps des solutions du camp d’en face. Il est en revanche probable qu’une part des électeurs de gauche d’Emmanuel Macron, qui s’étaient tournés vers lui pour éviter un duel droite-extrême droite au second tour, s’estiment floués.

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