Olivier Besancenot : « Taper ensemble sur les mêmes clous »

Alors que, selon lui, la séquence gilets jaunes n’est pas terminée, Olivier Besancenot souligne combien la réforme des retraites est une attaque contre les classes salariées. Pour le NPA, elle pourrait être le socle d’un rapprochement des gauches.

Agathe Mercante  • 4 septembre 2019 abonné·es
Olivier Besancenot : « Taper ensemble sur les mêmes clous »
© crédit photo : Mehdi Fedouach/AFP

Candidat aux élections présidentielles de 2002 et 2007 sous la bannière de la Ligue communiste révolutionnaire (devenue Nouveau Parti anticapitaliste en 2009), Olivier Besancenot œuvre désormais à la réconciliation entre les partis politiques et les mouvements de contestation sociale. Le 3 juin, il a même appelé les militants politiques, syndicaux et associatifs « qui cherchent à imaginer une autre société » à se rassembler. Sur la devanture du bureau de poste où il travaille, en cette fin d’été, quelques graffitis rappellent un temps où la gauche espérait encore : « Jean-Luc Mélenchon 2017 », peut-on lire. Attablé à la terrasse du café qui lui fait face, il retrace avec nous les événements de l’année qui vient de s’écouler. Et dresse les perspectives (qu’il espère explosives) de celle qui vient.

Réforme des retraites, loi bioéthique, réforme de l’assurance chômage passée en catimini cet été… Comment s’annonce la rentrée ?

Olivier Besancenot : Elle devrait être sociale et politique. Mais, plus qu’une rentrée, elle sera aussi le prolongement de tout ce qui s’est passé l’année dernière. La séquence des gilets jaunes reste ouverte. Il n’y a que du côté du pouvoir en place que l’on peut imaginer que cette « parenthèse » s’est définitivement refermée et que les choses sont « enfin » rentrées dans l’ordre. La fragilité du gouvernement a surgi de nouveau cet été au moment de l’affaire de Rugy et lorsque Emmanuel Macron a été sifflé sur les Champs-Élysées lors du défilé du 14 Juillet. Tout cela est revenu nous dire que ce pouvoir est en crise permanente et qu’il l’était avant même le commencement du mouvement des gilets jaunes. C’est d’ailleurs pour cela que la mobilisation a été particulièrement explosive.

Face à cette séquence inachevée, le gouvernement a la volonté – ce qui est très péremptoire de sa part – de jouer à quitte ou double avec des réformes structurelles profondes. Il y a celle qui est passée cet été, avec les décrets sur l’assurance chômage, et qui sera lourde de conséquences pour au moins la moitié des allocataires de Pôle emploi, à la fois sur le montant et la durée des prestations et sur le nombre même d’allocataires. Les chômeurs n’ayant pas très bonne presse dans ce pays, du fait du venin idéologique qui a été distillé contre eux, nous n’avons pas eu la riposte qu’on était en droit d’attendre.

Ce sera une autre paire de manches avec l’autre réforme structurelle qu’est le dossier des retraites. Parce que là, historiquement, il s’agit d’une question sensible. La combinaison de ce dossier traditionnellement explosif et de la séquence gilets jaunes qui se prolonge laisse à penser que tout est possible. L’enjeu, c’est de

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Politique
Temps de lecture : 16 minutes