À Tours, une union bien mitonnée

La cité tourangelle prouve que le rassemblement entre insoumis, écologistes et socialistes n’a rien d’un vœu pieux lorsqu’il est le fruit d’un vrai processus de construction ouvert aux citoyens.

Barnabé Binctin  • 16 juin 2021 abonné·es
À Tours, une union bien mitonnée
Le 21 juillet 2020, le maire écologiste de Tours, Emmanuel Denis, accueillait une vingtaine d’édiles de gauche pour créer des réseaux favorisant la transition écologique.
© SÈbastien Pons / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Il y a tout juste un an, les élections municipales rendaient leur verdict et coloraient de vert plusieurs frontons de grandes villes, de Lyon à Bordeaux en passant par Strasbourg, Poitiers ou Besançon. Considérés alors comme les grands gagnants du scrutin, les nouveaux maires écologistes ont continué de défrayer la chronique les mois suivants, pour le meilleur mais surtout pour le pire, et sont ainsi devenus la principale cible à abattre des conservateurs en tout genre. Mais à quoi bon renchérir sur ces vaines polémiques, au risque de donner du crédit à cette vaste entreprise de diabolisation (1) ?

Pour souffler cette première bougie, Politis a préféré aller prendre la température du côté de Tours, l’une des seules municipalités à être restées hors du champ de tir, loin des petites phrases montées en épingle et de la vindicte ramassée en quelques mots. Le cas n’en est pas moins intéressant, au contraire : à la tête d’une alliance de la gauche et des écologistes, rassemblés dès le premier tour, Emmanuel Denis incarne la possibilité d’une union large, et gagnante. Radioscopie d’une victoire, qui résonne aussi comme un espoir sur la route de 2022.

De la vie politique à Tours, certains disent qu’elle n’a rien à envier au Sénat. D’autres préfèrent la comparaison avec la Loire, qui traverse paisiblement cette ville de 135 000 habitants, régulièrement surnommée « la belle endormie ». Quelle que soit l’analogie, plus ou moins flatteuse, l’idée reste la même : ici, tout coule, sans vagues ni grand remous, dans une sorte de torpeur forcément inhabituelle pour qui débarque de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« L’extrême droite reste la principale menace des démocraties »
Entretien 13 juillet 2026 abonné·es

« L’extrême droite reste la principale menace des démocraties »

Marine Le Pen sera bien candidate à l’élection présidentielle de 2027. Et ce malgré sa condamnation en appel, le 7 juillet, pour détournement de fonds publics. Le politologue américain Steven Levitsky analyse son attitude face à la justice en la comparant avec celle d’autres populistes frappés par des affaires judiciaires dans le monde.
Par Juliette Heinzlef
Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos
Récit 10 juillet 2026 abonné·es

Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos

Les militants socialistes décident d’embarquer leur parti dans une primaire réservée aux seuls adhérents du PS et de Place publique. Selon ses détracteurs, le processus est taillé pour Raphaël Glucksmann. Olivier Faure est mis en minorité dans son propre parti.
Par Lucas Sarafian
Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios
Justice 8 juillet 2026

Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios

Si l’attention politique et médiatique s’est resserrée autour de la candidature de la cheffe de file du Rassemblement national pour 2027, l’agenda judiciaire ne doit pas être occulté.
Par Céline Martelet
Marine Le Pen : à peine condamnée, déjà en campagne  
Récit 8 juillet 2026 abonné·es

Marine Le Pen : à peine condamnée, déjà en campagne  

La cheffe de file du Rassemblement national commence sa campagne présidentielle coûte que coûte, après un pourvoi en cassation suite à sa condamnation en appel. La quadruple candidate veut lancer le récit de sa propre résurrection face à un « système » qui voudrait sa peau. Et gomme la naissance d’une ligne libérale portée par Jordan Bardella.
Par William Jean