« Dans toute communication, il y a l’attente de reconnaissance »

Héritier de l’École de Francfort, le philosophe Axel Honneth travaille
à l’élaboration d’une « nouvelle théorie critique » pour notre temps. Deux de ses ouvrages viennent enfin d’être traduits en français.

Olivier Doubre  • 15 mars 2007 abonné·es

L'un des principaux apports de votre travail est le concept de reconnaissance préexistant à tout rapport entre deux êtres. Qu'entendez-vous exactement par ce terme ?

Axel Honneth : J'ai commencé à penser le concept de reconnaissance dans le sillage du travail d'Habermas. Je pars de l'idée que, dans toute forme de communication entre deux personnes, il y a toujours l'attente réciproque et préalable d'être reconnu par l'autre. En termes de théorie sociale, je considère que nous devrions comprendre la société capitaliste moderne comme intégrant les trois grands principes de la reconnaissance qui gouvernent nos existences : l'amour , qui exprime la reconnaissance dans la sphère privée ; le droit , c'est-à-dire la reconnaissance des autres en tant que sujets détenteurs de droit ; enfin, le principe de l'estime sociale, qui implique de respecter et d'estimer les autres du fait de leur contribution par leurs actes à la vie de la société. Mais je pense aussi que

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »
Entretien 18 février 2026 abonné·es

Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »

La présidente de l’association Mountain Wilderness France bataille avec d’autres citoyens pour que les Jeux olympiques d’hiver 2030 n’aient pas lieu en France. Dans son livre Réinventons la montagne, elle imaginait trois scénarios pour les territoires montagneux, dont un qui anticipe la raréfaction de la neige et imagine un avenir écologique des stations de ski.
Par Vanina Delmas
Gisèle Pelicot, le déni dans la joie
Chronique illustrée 17 février 2026 abonné·es

Gisèle Pelicot, le déni dans la joie

Après avoir été élue femme de l’année par le Time en 2025, proposée au prix Nobel de la Paix, décorée de la Légion d’honneur, Gisèle Pelicot devient le phénomène littéraire qu’on attendait. « La Grande Librairie », Elle, Le Nouvel Obs, Le Figaro, Le Monde, la presse étrangère… tout le monde doit être témoin de la « résilience » de Mme Pelicot, sublimée par le titre Et la joie de vivre.
Par Cécile Cée
« Des intellectuels dits de gauche n’ont pas eu un regard pour la souffrance palestinienne »
Entretien 16 février 2026 abonné·es

« Des intellectuels dits de gauche n’ont pas eu un regard pour la souffrance palestinienne »

Denis Sieffert, éditorialiste à Politis, publie La mauvaise cause. Les intellectuels et la propagande israélienne en France. Il s’interroge sur les ressorts qui ont conduit, depuis deux ans et demi, des intellectuels à ignorer le massacre et la souffrance des Palestiniens, le génocide à Gaza et les agressions racistes en Cisjordanie. Entretien.
Par Olivier Doubre
Aux États-Unis, le règne des technofascistes
Essais 12 février 2026 abonné·es

Aux États-Unis, le règne des technofascistes

La réélection de Donald Trump rend tangible l’objectif de certaines élites de la Silicon Valley : se débarrasser des démocraties libérales occidentales et prendre le contrôle sur les États-nations. Deux ouvrages analysent ce phénomène déjà en cours.
Par Thomas Lefèvre