Notre vieux serviteur
dans l’hebdo N° 943 Acheter ce numéro
Il faudrait un coeur de pierre pour ne pas verser une larme à cette cérémonie des adieux à laquelle nous conviait dimanche soir Jacques Chirac. Notre Jacques. Notre vieux serviteur depuis tant d'années, qui a tant fait pour la France et les Français ! Depuis si longtemps à la tâche, à l'office, aux cuisines, en salle, Maître Jacques. Servir, sa vocation de tous les instants, toujours disponible, inlassable, au four et au moulin. Et fringant, avec ça, portant beau, toujours aimable, affable, empressé à devancer nos moindres désirs, jamais grincheux, dur à la peine, jamais une plainte. Une perle !
Il avait bien quelques défauts, nul n'est parfait : une tendance à garder pour lui la monnaie des commissions, à vider des bouteilles en douce, à distraire mine de rien quelques victuailles en pensant qu'on n'y verrait que du bleu. Il a toujours été un gros mangeur.
Nous n'étions pas dupes, mais quoi ! Ce sont là broutilles, sur lesquelles un maître de maison servi avec tant de zèle ferme volontiers les yeux... Alors, ce soir-là, quand il est venu nous dire : « Je m'en vais » , on avait beau y être préparé, nous avions le coeur gros.
Des gars comme ça, je vous le dis, ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval !
Le culot de ce type ! Je me demandais, en l'écoutant, s'il pensait un seul mot de son discours
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