L’appel vu par…

Impressions toutes personnelles après une réunion semblable à beaucoup d’autres.

Martine Alcorta  • 24 juillet 2008
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La rencontre de Bordeaux fut un succès du point de vue du nombre et de la diversité politique de ceux qui étaient présents. Mais j’ai reçu des retours assez négatifs ou, disons, peu enthousiastes sur la teneur des échanges. Il est vrai qu’en une heure et demie, et avec une soixantaine de personnes se rencontrant pour la première fois, il est difficile de croire que l’on va changer le monde ! J’ai simplement pensé que ceux-là s’étaient trompés de rassemblement : ils étaient venus pour consommer du politique, comme on fait son marché le samedi matin, constatant, en rentrant chez soi, que les pêches ne sont pas assez mûres ou que les fraises n’ont pas de goût.
C’est exactement ce qu’il ne faut pas venir chercher au rassemblement pour l’appel de Politis. Soit on y vient en tant qu’acteur, soit on en repart toujours déçu. Soit on pense effectivement qu’il y a un cadre à construire, qui puisse contenir, dans des limites à construire aussi, une certaine diversité interne, soit on continue à œuvrer seulement dans ses petits espaces plus homogènes, mais qui deviennent de plus en plus étriqués et de moins en moins efficaces pour amorcer le changement politique, social et écologique de notre monde.

En même temps, cette première rencontre a mis en évidence des combats dogmatiques qui, pour moi, datent d’un autre temps et n’aideront pas à construire : décroissance caricaturée comme retour à l’homme des cavernes, zones libérées considérées comme une boboïsation du mouvement social, remise en question du productivisme perçu comme de l’anti-ouvriérisme…
Oui, tous les clichés et tous les symptômes des vieilles luttes qui sont encore là n’aident pas à la reconstruction. Mais n’est-ce pas un passage obligé ?
C’est pourquoi je pense qu’il faut être présent en grand nombre dans cet espace de rassemblement, […] s’armer d’une bonne dose de patience et de tolérance, sans renoncements, et d’une volonté sans limite de faire avancer les choses.

Politique
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