Philanthropie : la nouvelle donne
En ouvrant la porte des services publics à la générosité privée, le gouvernement dessine un nouveau modèle de société, fondé sur le désengagement et l’inégalité.
dans l’hebdo N° 1074 Acheter ce numéro
On pensait la philanthropie tombée en désuétude depuis les dames de charité du XIXe siècle. Si elle n’avait en fait pas vraiment disparu [^2], elle est aujourd’hui en plein boum ! Jamais un gouvernement n’avait à ce point, et de manière aussi systématique, encouragé le recours aux dons de particuliers et d’entreprises. « Avec la création des fondations d’entreprise en 1990, l’État a pour la première fois autorisé le privé à se saisir de l’intérêt général , rappelle Éric Dutertre, directeur d’Excel, une agence de conseil en levée de fonds. Puis, c’est Jean-Pierre Raffarin [instigateur du fameux lundi de Pentecôte travaillé pour la bonne cause, NDLR] qui a déclaré à son tour que “l’État [ n’avait ] pas le monopole de l’intérêt