Le fast-food de la pensée
dans l’hebdo N° 1107 Acheter ce numéro
Ma parole, je m’étais promis de ne pas disserter de politique ici. Vous me direz qu’une universitaire, une intellectuelle – animal trop domestique en voie de disparition – ne sait qu’aligner les mots. On veut de l’action maintenant, vive les traders , les executive men or women , les faiseurs de livres, qui, comme dans la confection, ont leurs parutions d’hiver et d’été, les fabricants d’information assis tranquillement devant leur écran plutôt que de se déplacer sur le terrain. Vive le fast-food de la pensée. C’est la production qui compte, le monde appartient à ceux qui gagnent et savent le faire savoir. Nous sommes entrés dans l’ère de ce qui brille, pourvu que ça aille vite. La pensée suit le même cours. Et si vous ne pensez pas, c’est encore mieux.
Un article de Libé , par ailleurs fort intéressant, m’a appris que le monde se divisait entre zemmouriens et anti-zemmouriens.