Quelle expertise pour la science ?

Sur les questions scientifiques telles que le dérèglement climatique, l’expertise doit-elle être « neutre » ou « indépendante » ? L’amalgame entre ces deux notions sert bien souvent l’intérêt des lobbies.

Benjamin Dessus  • 11 novembre 2010 abonné·es
Quelle expertise pour la science ?
© Benjamin Dessus est président de l’association Global Chance.

Dans le contexte de relativisation des faits, scientifiques ou non, que nous avons décrite dans une tribune récente et dans lequel se place aujourd’hui aussi bien l’offensive des climato-sceptiques que celle des retraites, quelle place pour une expertise « indépendante » ? Les signataires de la tribune publiée par Politis mettant en cause l’intégrité intellectuelle de Claude Allègre, dont une bonne partie avait signé en 1992 « L’appel à la raison pour une solidarité planétaire » en réponse au discours positiviste de l’Appel d’Heidelberg, se retrouvent, de façon paradoxale, défenseurs de la rationalité scientifique auprès de médias et de décideurs qui privilégient le « débat » au titre de la démocratie et de l’égalité plutôt que la recherche de la vérité. Avec le risque de « sanctuariser » la communauté scientifique et de rendre impossible toute critique

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Idées
Temps de lecture : 4 minutes