Lu, vu, entendu

Politis  • 9 décembre 2010
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Lu

Si grosso modo, les documents mis au jour par WikiLeaks ne bouleversent pas notre connaissance des relations internationales, ils recèlent quand même quelques pépites. On apprend ainsi qu’au moment des émeutes de banlieues de novembre 2005, Ni putes ni soumises a tenté de convaincre l’ambassadeur des États-Unis que les islamistes étaient à l’origine du mouvement (« des islamistes aux barbes rasées »). Selon le Monde (2 décembre), qui s’appuie sur les télégrammes rendus publics par WikiLeaks, l’ambassadeur, Craig Stapleton, ne serait pas tombé dans le panneau islamophobe. Son successeur, Charles Rivkin, va plus loin. Pour lui, « les institutions françaises ne se sont pas révélées suffisamment souples pour s’adapter à une démographie de plus en plus hétérodoxe ». Il plaide pour une « véritable représentation politique (des minorités) ». À méditer.

Vu

Bernard Henri-Lévy a averti les journalistes de Canal +, le 1er décembre : en 2012, il faudra faire « attention », le mot a été répété et même souligné d’un ample mouvement d’index, « attention » donc à Marine Le Pen, « aussi fasciste que son père », et… à « Mélenchon, le premier homme politique de gauche qui ose se dire populiste », « ces deux personnages-là peuvent brouiller » les cartes. Aux côtés du pseudo-philosophe, le pseudo-socialiste Manuel Valls abonde : BHL « a tout à fait raison, il y a un espace énorme pour les populismes de droite et de gauche ». Du coup, BHL ne dit rien sur ce voisin de table qui jugeait il y a peu qu’il n’y avait pas assez de « blancos » sur le marché de sa ville. Entre gens bien…

Entendu

Daniel Cohn-Bendit, qui reconnaît s’être « trompé » en soutenant Ségolène Royal en 2007, a dit sur France Inter dimanche tout le bien qu’il pense de Dominique Strauss-Kahn, « intellectuellement le plus apte à trouver des compromis ». Certes, les écolos ont « de vraies divergences avec lui », admet-il, « mais si nous sommes capables de trouver un compromis historique, ça pourra faire avancer les choses pour la transformation sociale et écologiste de la France ». Dans quel sens ? L’ancien soixante-huitard reproche à « certains membres » de son parti d’avoir « fait estrade commune avec Jean-Luc Mélenchon » contre les retraites (en fait d’avoir participé à des meetings unitaires sous l’égide de la Fondation Copernic). Il assure enfin que la défense de la « rigueur » avait fait une partie du succès de François Bayrou en 2007, et lâche : « C’est un thème qu’il faut reprendre. » Dany ne prône plus l’ouverture au centre mais le mimétisme.

Les échos
Temps de lecture : 2 minutes
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