Didier Sicard : « Le bon malade est celui qui rapporte »
Médecin et ancien président du Comité national consultatif d’éthique, Didier Sicard dénonce la manière dont les malades, la médecine et surtout l’État ont abdiqué face à l’économie.
Politis : Y a-t-il un biopouvoir en France ?
Didier Sicard : Je ne sais pas si l’on peut réellement parler de biopouvoir, mais en tout cas de confiscation par le marché de la politique de santé. En ce début de XXIe siècle, le malade et la médecine ont abdiqué en faveur de l’économie. En gros, le malade doit s’adapter à ce que le marché a décidé. Par exemple, le bon malade est celui qui rapporte, donc qui consomme du matériel et des traitements. Les normes médicales sont établies par le marché, c’est-à-dire non pas en fonction de risques (de diabète, d’hypertension…) mais des possibilités thérapeutiques d’agir sur ces normes. On met sur le marché un médicament contre le cholestérol ? Le chiffre des bonnes normes des dosages biologiques change. Mais qu’est-ce
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