Féminisme : « L’égalité, c’est maintenant ! »

Quarante-quatre associations féministes étaient réunies pour deux jours de débats, les 2 et 3 juillet à Evry. L’occasion d’affûter leurs propositions pour la présidentielle de 2012. Politis.fr publie le texte issu de leurs travaux.

Politis.fr  • 4 juillet 2011
Partager :
Féminisme : « L’égalité, c’est maintenant ! »
© *Politis publiera dans son édition de jeudi un article sur les féministes en campagne pour 2012.*

« Nous, femmes et hommes engagé-e-s dans la lutte pour l’égalité, exigeons de passer du constatrécurrent, des lois non appliquées et de l’absence de volonté politique, aux actions de transformation réelle de la société, inscrites dans la durée.

­Après 40 ans de mouvements de libération des femmes et de droits conquis par les mobilisations féministes, les droits des femmes stagnent, voire régressent. Les inégalités entre les femmes et les hommes, enracinéesdans le système patriarcal, minent notre société et notre démocratie : elles empêchent l’émancipation desindividus. L’égalité est une condition indispensable du progrès social pour faire avancer l’ensemble de la société ! La construire, c’est lutter à tous les échelons contre les stéréotypes et normes sexistes. C’est aussi combattre l’oppression, la domination, toutes les formes de discriminations et les atteintes à la laïcité.

Il est urgent de prendre en compte les effets inégalitaires de l’action publique. Contrairement aux politiqueslibérales actuelles, la construction de l’égalité passera par des politiques garantissant et élargissant lesdroits sociaux conquis.

Assez ! Nous exigeons l’égalité maintenant !

Dans la perspective de 2012, les programmes des partis doivent en tenir compte, détailler et chiffrer leurs propositions, et non se contenter de recopier les promesses des campagnes précédentes : les électrices et électeurs jugeront sur pièce !

Rassemblé-e-s à Evry les 2 et 3 juillet 2011, pour les rencontres d’été « Féministes en mouvements », nous exigeons :

  1. La création d’un ministère d’Etat des droits des femmes et d’une administration dédiée, dotés de moyens d’intervention conséquents et appropriés.

  2. Que l’égalité professionnelle et salariale devienne une priorité nationale : en contraignant les employeurs et employeuses à mettre en place l’égalité réelle sous peine de sanctions, en développant le service public de la petite enfance et en créant celui des personnes dépendantes.

  3. Que l’éducation à l’égalité entre les femmes et les hommes fasse partie intégrante de la formation des actrices et acteurs éducatifs, comme des programmes d’enseignement, de la petite enfance à l’université.

  4. Que la lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations envers les femmes se traduise notamment par la mise en oeuvre des dispositifs existants et l’affectation de moyens adaptés.

  5. Que l’accès libre et gratuit à la contraception et à l’IVG soit garanti sur l’ensemble du territoire et que l’éducation à la sexualité devienne une priorité.

  6. Que la parité dans les instances de décision politique soit effective à tous les niveaux de représentation dès les législatives de 2012 et que la réforme territoriale soit profondément revue sous cet angle.

  7. Que les droits des personnes soient les mêmes pour toutes et tous quelle que soit leur identité ou leur orientation sexuelle.

  8. Que l’Etat impose à l’échelon européen une harmonisation par le haut des droits des femmes.

  9. Que l’Etat favorise toutes les politiques en faveur des droits des femmes dans le monde et accorde le droit d’asile aux victimes de violences sexistes ou sexuelles, dont les femmes victimes du système prostitueur. Il faut enfin régulariser les travailleuses et travailleurs sans papiers.

  10. Que l’Etat reconnaisse comme essentiel le travail mené par les associations féministes et leur affecte des financements pluriannuels conséquents ,indispensables à la mise en oeuvre d’actions pérennes.

Nous n’attendrons pas plus longtemps : l’égalité, c’est maintenant ! »

Société
Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point
Reportage • 14 octobre 2026 abonné·es

À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point

Depuis les premiers jours de la mobilisation lycéenne, une date est très attendue : celle du retour annoncé des gilets jaunes le 17 octobre. Une journée d’action lancée début septembre sur les réseaux sociaux pour protester notamment contre l’augmentation du prix de l’essence et du coût de la vie.
Par Céline Martelet
Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »
Luttes • 14 octobre 2026

Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »

Les lycéen·nes trouvent aussi du soutien parmi les militant·es engagé·es de longue date dans diverses luttes, qui accompagnent ce combat de la jeunesse avec un espoir renouvelé.
Par Kamélia Ouaïssa
Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »
Analyse • 14 octobre 2026 abonné·es

Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »

Depuis bientôt un mois, les lycéen·nes qui luttent pour leur avenir mènent un mouvement social de grande ampleur pour exiger notamment de meilleures conditions d’apprentissage. Dans leur sillage, et face à la répression qu’ils et elles subissent, des parents se mobilisent à leurs côtés. Certains sont organisés en collectif.
Par Pauline Migevant et Kamélia Ouaïssa
Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes
Violences • 13 octobre 2026

Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes

Après plusieurs mutilations de lycéens, une pétition réclame l’interdiction de plusieurs armes et techniques policières lors des manifestations lycéennes. Une demande loin d’être récente malgré des avertissements répétés, jusqu’aux Nations unies.
Par Maxime Sirvins