Débat d’entre-deux tours : les chiffres en folie

L’essentiel du débat Hollande-Sarkozy de l’entre-deux tours a porté sur les questions économiques et sur une bataille de chiffres, tous plus ou moins crédibles. Résumé.

Thierry Brun  • 3 mai 2012
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Débat d’entre-deux tours : les chiffres en folie
© Photo : AFP / Patrick Kovarik / Pool

Plus de la moitié du débat télévisé de l’entre-deux tours a été consacré aux thèmes économiques avec deux présentateurs, Laurence Ferrari de TF1 et David Pujadas de France 2 qui se sont cantonnés à compter le temps de paroles des candidats à la présidentielle.

Résultat : le duel François Hollande et Nicolas Sarkozy se résume a une succession d’accusations de mensonges, de calomnies, sur les chiffres du chômage, de la fiscalité, de la dette publique ainsi que ceux concernant le pacte budgétaire européen. La première préoccupation des Français étant l’emploi, a lancé Laurence Ferrari, indiquant que le chômage a augmenté pour le onzième mois consécutif, François Hollande a commencé par dressé un tableau à charge du quinquennat de Nicolas Sarkozy, avec un chiffre de 4 millions de demandeurs d’emploi, « une augmentation de 700 000, c’est beaucoup, c’est énorme, c’est un record ». « Ces chiffres, ils sont faux, je vous en donne la preuve » , a rétorqué le candidat de l’UMP qui a cité les chiffres du Bureau international du travail (BIT) pour démontrer que « le taux de chômage a augmenté deux fois moins que dans le reste de la zone euro » .

« Folie dépensière »

Le ton était donné. Les deux candidats se sont ensuite écharpés sur leurs propositions pour relancer la croissance et la production. Nicolas Sarkozy a insisté sans surprise sur ses mesures libérales d’allègement du coût du travail, et François Hollande sur son contrat de génération, « l’idée la plus nouvelle de cette campagne » , sur le coup de pouce au smic, le blocage du prix de l’essence et le rétablissement de la TIPP flottante, l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire.

Le candidat socialiste a surtout reproché le principe de la tva sociale qui coûtera « 13 milliards d’euros, 300 euros de moins sur le pouvoir d’achat des Français. L’industrie ne touchera que 3 milliards, les services, 8 milliards » . Dans ce débat sur l’industrie, Nicolas Sarkozy a, à plusieurs reprises, chapitré François Hollande sur la « casse de la filière nucléaire » et a rétorqué sur le pouvoir d’achat : « Combien avons-nous financée d’heures de chômage partiel ; 180 millions d’heures payées, c’est plus d’un milliard d’euros. 9 millions de salariés ont touché des heures supplémentaires, 53 % des ouvriers ont touché des heures supplémentaires. Vous allez augmenter le smic et vous éloignez les gens de l’emploi… » , une réplique connue qui omet le creusement des inégalités. Nicolas Sarkozy a parlé de « folie dépensière » , alors que la France « a les impôts les plus lourds » en Europe.

« La dette est née de vos largesses fiscales »

Mais c’est sur la dette et les comptes publics que les deux candidats ont bataillé le plus violemment, chacun présentant une série de chiffres contestés sur l’augmentation du déficit public. Pour François Hollande la dette publique est passée à 1 800 milliards d’euros, 900 milliards de plus depuis 2002 : « Bien sûr qu’il faut arrête ce processus. Il ne tient pas qu’à la crise ». « Cette dette est née de vos largesses fiscales » , a lancé le candidat socialiste. « Nous avons une obligation de réduire les déficits publics » , a-t-il promis, soulignant que les revenus du travail doivent être fiscalisés au même niveau que les revenus du capital et détaillant les mesures du programme présidentiel.

Nicolas Sarkozy a contesté l’analyse du candidat socialiste : « Nous avons un juge de paix qui est la Cour des comptes. Le déficit a augmenté de 500 milliards » . Le candidat de l’UMP précise que « 250 milliards sont du déficit structurel, c’est-à-dire le produit de 38 années de déficit budgétaire. 200 sont le produit de la crise » . Jusqu’au bout, les candidats ont mené leur duel sur un terrain connu, occultant le rôle des marchés financiers dans la crise de la dette dans la zone euro. Peu de chose ont été dites sur la régulation du système bancaire international, un sujet pourtant majeur pour l’économie et la croissance.

Politique
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