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La crise des vocations perdure dans l’éducation

La réforme de la formation et la dégradation de l'image du métier dissuadent les étudiants à se présenter aux concours de l’enseignement. Les rectorats devront recruter 15 % de leurs effectifs comme vacataires.

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En septembre 2012, 15 % des postes à pourvoir au concours du Capes resteront vacants. Faute de candidats dont le niveau est jugé suffisamment bon par les jurys. Les mathématiques sont de loin la discipline la plus dépourvue, avec un manque de 298 candidats (37 % des postes à pourvoir dans cette discipline), suivi de l’anglais (131 postes manquant, soit 16 %), pour un total toutes disciplines confondues de 706 postes vacants.

Selon ses propres calculs, la Snes FSU dresse même un constat plus sombre. Agrégation et Caplp (lycées professionnels) compris, le déficit atteint 853 postes, auxquels il faut selon le syndicat ajouter 267 candidats admis au Capes et à l’Agregation. Ces « doubles admissions » sont autant de postes non pourvus au Capes.

280 candidats admissibles à l'agrégation se verront proposer une admission au Capes, pour combler ce manque, selon Catherine Gaudy, directrice générale des ressources humaines des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, sité par le Figaro.fr. « Pour le reste des postes laissés vacants (526), nous allons recourir à des contractuels», expliquait-elle le 12 juillet.

Dans le même temps, le gouvernement a annoncé un recul de la date limite des inscriptions aux concours du 10 au 19 juillet 2012 pour tenter d’attirer plus de candidats.

Les explications de Caroline Lechevallier, secrétaire nationale du Snes FSU chargé de la formation des maîtres et de l’entrée dans le métier.

Comment expliquer une telle crise des vocations ?

Caroline Lechevallier : Ça commence dans les années 2000, avec la chute très importante des postes aux concours. On a vu une énorme diminution du nombre de candidats.

Le Capes est un concours difficile qui freine les vocations. D’autant qu’il y a aujourd’hui une concurrence des voies possibles. Car avec un master en mathématiques, par exemple, il y a beaucoup d’autres possibilités que de tenter le Capes, qui débouche sur un métier mal payé, qui ne reconnaît pas le salariat de niveau bac +5.

À cela s’est ajouté la masterisation, [les concours sont réservés aux titulaires d’un master NDLR]. Il faut pouvoir assumer financièrement de faire deux années d’études supplémentaires. Cette année il faut, en plus, obtenir des certifications obligatoires en langue (Cles) et en informatique (C2I). Certains candidats, non-titulaire de ces certifications, hésitaient à se présenter à l’oral. Un bon niveau de langue est exigé, ce qui n’est pas donné à tout le monde. D’autant que les universités ne sont pas toujours en mesure de préparer leurs étudiants à avoir ces certifications.

Comment le gouvernement pallie ce manque ?

Il embauche des contractuels, recrutés sans concours et sans formation. Ils ne sont pas titulaires et restent dans des situations précaires, qui les exposent à des pressions. Ils ne sont même pas sûrs d’être réemployés l’année suivante. Les recteurs essaient de recruter des gens qui ont un master avant de passer finalement des annonces à Pôle emploi.

Quelle réponse attendez-vous ?

Nous demandons un plan pluriannuel de recrutement, avec un chiffrage sur les cinq prochaines années qui permette aux étudiants de se projeter en fonction des postes à pourvoir.

Il faut aussi faire des prérecrutements. Pour proposer aux étudiants en fin de licence de passer un concours qui donne un statut d’étudiant rémunéré avec cotisation à la retraite. Cela permettrait d’avoir des parcours sécurisés, qui incitent les étudiants à poursuivre leurs études.

Il faut enfin une revalorisation des conditions de travail et des conditions salariales. Le métier d’enseignant avait une bonne image, aujourd’hui il a une image de métier difficile.

Nous pouvous ajouter que les masters disciplinaires à mention enseignement restent trop peu nombreux. Dans beaucoup de disciplines, les étudiants sont contraints de faire des masters recherche. Ils doivent d’ailleurs les mener en même temps que le concours, car les écrits se passent au mois de novembre et les oraux en juin.


Photo : AFP / Pascal Deloche / Godong

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