Mon stylo rouge mental

Marie-Édith Alouf  • 10 janvier 2013 abonné·es

Est-ce que les fleuristes vérifient que les queues des tulipes sont taillées en biseau quand ils dînent chez des amis ? Est-ce que les diététiciens traquent les biscuits à l’huile de palme dans les placards de leur beau-frère ? Est-ce que les réalisateurs de cinéma comptent les faux raccords chaque fois qu’ils regardent un film ? Moi, c’est affreux, je ne peux plus lire un journal, un livre, le moindre papier imprimé sans mon stylo rouge mental.

Parce que mon métier, c’est stylo rouge. Stylo rouge dans la presse, stylo rouge dans l’édition. Je traque la coquille, l’anacoluthe, le barbarisme ; le tout-venant et le grandiose ; le légèrement fautif et l’immense n’importe quoi ; l’égarement passager et la faute enkystée. Je redresse, rabote et déponctue. Ôte ta petite verge [^2] de là, mon grand. Et toi, remets ton chapeau, oui, voilà, c’est mieux : tu as rempli ta tâche

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